DE L’EVEREST AU LAC NAMTSO

par | Juin 17, 2018 | Chine | 3 commentaires

Mercredi 6 juin 2018, nous reprenons notre chemin en passant par le col de Gyatso La à 5248m puis de Pang La d’où nous voyons cinq des plus hauts sommets du monde avec de gauche à droite le Makalu (8462 m, 5 ème), le Lhotse (8501m, 4 ème), l’ Everest (8848m), Cho Oyu (8201 m, 6 ème ) et le Shishapangma (8027m, 14 ème). Entre l’annonce de l’arrivée de notre nouveau petit enfant et la vue sur le plus haut sommet de notre terre, l’émotion est tellement intense pour Hélène qu’elle fond en larmes. C’est vrai que la vue est saisissante. Malheureusement, en même temps, la canadienne de notre groupe (qui est d’origine asiatique), se trouve très mal. Notre guide la met sous oxygène et nous redescendons rapidement. Elle est sujette au mal d’altitude mais n’a jamais eu de symptômes aussi forts. En même temps, c’est aussi la première fois qu’elle monte si haut.

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SHIGATSE

LAC NAMTSO

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Nous arrivons en fin à destination, le campement de tentes du premier camp de base de l’Everest. Le second, d’où partent les expéditions, à 4 km de distance, est interdit aux touristes. Il faut un permis supplémentaire pour y aller, celui du trek. En tout cas, nous sommes réellement au pied du géant et sa vue est splendide. Nous allons jusqu’à une grande stèle annonçant que nous sommes à 5200 m mais notre guide nous monte sur son GPS que nous ne sommes qu’à 5050 mètres. Notre guide, qui est bien entendu responsable de notre santé, va changer notre programme. Nous devions dormir sous des tentes de tibétains au premier camp de base à 5000 mètres mais c’est trop risqué pour notre malade et nous devrons passer la nuit plus bas. Je suis un peu dégoûté, d’autant que nous devions assister au lever du soleil sur les montagnes. Le jeune australien et moi-même parlementons avec notre guide. Nous payons ce tour assez cher. Nous ne reviendrons peut-être jamais ici, donc on aimerait quand même profiter de l’Everest ! Et il va nous trouver une solution : nous allons dormir à une trentaine de km du camp de base et reviendrons à l’aube pour assister au lever de l’astre sur cet endroit exceptionnel. Super. En fait, même quand on est bien, il est déconseillé de dormir sous les tentes. En effet, si tout va bien la journée, entre le feu et le nombre de personnes qui dorment à l’intérieur de la tente la nuit, le niveau d’oxygène baisse significativement et dangereusement. Nous en faisons l’expérience simplement pendant le repas de midi qui se déroule sous une grande tente. La respiration rendue déjà difficile à cette altitude se complique franchement et avec Netji, nous optons pour aller manger notre assiette de riz et de légumes dehors.

Dans l’après-midi, nous partons explorer l’ancien monastère Rongphu, qui recèle une grotte de méditation avec une statue de Guru Rinpoche et de nombreux petits stupas (chortens au Tibet). En contrebas, un foyer atteste de la crémation des corps humains, les vautours ne vivant pas à cette altitude…Après avoir admirer une fois encore ce splendide paysage dont on ne se lasse pas, nous repartons en direction de notre guest house pour la nuit.

Au passage, nous nous arrêtons au nouveau monastère de Rongphu, fondé en 1902 par Ngawang Norbu Tenzin lama de l’école nyingmapa qui voue un culte particulier à Guru Rinpoche (Padmasambhava). Il a la particularité unique d’abriter des moines et des nones. C’est le plus haut monastère du monde. Il est en cours de rénovation. Une none nous ouvre l’accès à un petit temple dans lequel nous pouvons prendre des photos. Youpi !! Elle va même ouvrir un petit meuble et en sortir deux crânes (humains) dans lequel ils font des offrandes aux dieux…À l’étage, ce sont surtout des ouvriers que nous voyons, en train de rénover des peintures murales qui promettent d’être splendides. Une immense statue de Guru Rinpoche trône dans la salle du fond.

Le soir, nous allons dormir tous ensemble dans la même chambre et c’est clair que l’endroit est fonctionnel, surtout les toilettes qui consistent en un trou entre deux planches pour les pieds. Mais notre hôtesse est juste adorable et très belle avec ses bijoux de cheveux, ses boucles d’oreilles et ses colliers, essentiellement en turquoises et en corail. Après notre repas du soir, nous montons admirer le coucher du soleil sur l’Everest depuis le toit de notre hébergement. Le plus haut sommet du monde, situé à la frontière du Népal et du Tibet, se nomme Qomolangma (Déesse-mère de l’Univers) pour les tibétains et Sagamartha pour les népalais. Nous en sommes un peu loin pour avoir un super spectacle et allons nous coucher, espérant que le plus beau reste à venir pour le lendemain matin.

Jeudi 7 juin 2018, c’est à 5h15 que le réveil sonne après une nuit courte mais assez bonne. Nous ne serons que trois à remonter au camp de base. Arrivés là-bas, il fait encore nuit noire (enfin pas vraiment parce qu’il y a une belle lune) et on va attendre une bonne heure avant de voir le sommet s’éclaircir lentement puis carrément s’enflammer. C’est superbe, magique, incroyable et j’en passe…

Pour nous réchauffer, notre guide nous offre un thé au beurre de yak, spécialité du Tibet. Imaginez-vous boire un thé salé et au fromage. Si je ne suis pas trop fan, Hélène apprécie encore plus que le premier que nous avions testé à Lhassa. Nous repartons pour la demi-heure qui nous sépare de notre hébergement et y prenons notre petit déjeuner avant de prendre la longue route qui nous reconduit à Shigatse. Nous allons reprendre la route de l’amitié (c’est vraiment son nom) qui relie le Népal à la capitale tibétaine. Pour ne pas mettre en danger notre compagnonne canadienne, nous ne nous arrêtons pas au col à 5200m d’où nous avions eu la première vue sur l’Everest à l’aller. En plus, il n’y a plus d’oxygène dans la bouteille de notre guide et elle n’a plus que des petites portatives qui sont apparemment nettement moins efficaces. J’ai un peu les boules mais bon…Notre guide nous avait annoncé une journée de 10 à 11 heures de trajet (pfff…) mais en fait, nous serons à Shigatse à 16h30 en partant vers 9h et en comptant la pause déjeuner. Ça va, on a eu bien pire !! Sur la route, nous pourrons admirer de jolis petits villages tibétains nichés dans la montagne et des paysans travailler leur terres en s’aidant des yaks ou des chevaux. D’ailleurs, à l’entrée d’une des bourgades que nous traversons, la statue de deux beaux yaks rappelle la complémentarité étroite et le lien qui relie l’animal et l’homme dans ces contrés géographiquement hostiles. Après avoir rempli la bouteille d’oxygène en prévision du lendemain, nous retrouvons le même hôtel qu’à l’aller. Nous avons même une chambre plus grande (si c’est possible) et une salle de bain plus spacieuse ! Le top !

Vendredi 8 juin 2018, c’est (encore) une longue route qui nous attend jusqu’au lac Namtso, un des quatre lacs sacrés du Tibet. Situé à une altitude de 4718mètres (presque aussi haut que notre Mont Blanc ;)), il s’étend sur 70 km de long et 30 de large. C’est le plus haut lac salé du monde de plus de 500m² de superficie. Sur la route, nous verrons une grande usine de production d’électricité solaire, des troupeaux de yaks et de moutons, de beaux sommets enneigés et plusieurs installations militaires chinoises dont des chars et des canons…

Pour le repas de midi, on s’arrête au bord d’un autre lac, bien plus petit et moins haut avec des troupeaux de yaks et de moutons qui broutent paisiblement.

Nous faisons une pause photo pour admirer le sommet du Tanggu La.

Puis nous passons un arrêt à un col La Ghen La Pass 5190 m d’altitude où la vue sur le lac Namtso n’est pas super. Il fait froid et le vent souffle violemment. Nous arrivons dans notre guest house du jour, au bord du lac, au bout d’une presqu’île. Nos lits, à cette altitude, sont pourvus de sur matelas chauffants et c’est un vrai bonheur ! Les toilettes sont un peu loin, dehors, et il n’y a pas de douche mais on sait que le lendemain on retrouve notre quatre étoiles à Lhassa ! Nous prenons notre dîner dans un resto chauffé par un poêle alimenté avec des bouses de yacks. Le soir, on va voir le coucher du soleil sur le lac. Avec les nuages, cela donne des tons et des reflets splendides. Des poissons semblent s’amuser en toute quiétude très près du rivage, sortant leurs nageoires de l’eau par moment. Comme c’est un lac sacré, ils ne sont pas pêchés…C’est trop marrant à voir. Hélène discute un long moment avec notre guide. Ils parlent de l’actuel dalaï-lama et lui a tellement envie qu’il rentre de son exil qu’il en vient à verser quelques larmes et Hélène, émue, l’accompagne…

Samedi 9 juin 2018, nous nous levons tôt pour assister au lever du soleil sur le lac. Cette fois-ci, nous grimpons en haut de la colline juste au-dessus. Comme on atteint le sommet où un petit groupe attend déjà, une chèvre à poils longs arrive également. Certains lui jettent des pierres parce qu’ils ont mis leur téléphone par terre en mode enregistrement. On proteste bruyamment et je propose même de leur faire la même chose. Après cet épisode de sauvetage, l’astre solaire se lève enfin, nous offrant un superbe spectacle. Comme nous sommes sur une presqu’île, la belle vue se situe sur la partie opposée à celle de la veille pour le coucher du soleil.

Nous décidons de monter un peu plus haut car de belles photos avec des cornes de yaks nous ont donné envie de les imiter. Nous passons par dessus une barrière (c’est pas bieeeen) et trouvons effectivement nos crânes et cornes qui sont du plus bel effet face au lac. Je décide de continuer à monter en compagnie de Thomas alors qu’Hélène redescend.

Après le petit déjeuner nous reprenons la route. Nous avons quelques beaux points de vues sur les montagnes et sur des villages tibétains. A intervalle régulier, nous apercevons au bord de la route des voitures de polices flanquées d’un policier factices. Il ya aussi des radars tronçons, c’est pourquoi notre chauffeur s’arrête, parfois jusqu’à 1/4h, pour être sûr de ne pas dépasser la limitation de vitesse.

Arrivés à Lhassa, nous demandons à notre guide de nous arrêter au belvédère sur le Potala. Il faut grimper en haut d’une plate forme sur laquelle trône un stupa. La vue est magnifique, il en impose.

Nous arrivons vers 16h à notre hôtel et pouvons enfin commencer à nous remettre de ce tour qui était bien fatiguant, par le nombre de kilomètres avalés dans un van par forcément très très confortable, mais tellement beau par les sites que nous avons pu admirer ! Ce tour en valait vraiment la peine et nous n’avons pas été déçus du tout.