SONGPAN-PARC NATIONAL DE HUANGLONG

par | Juin 3, 2018 | Chine | 5 commentaires

Vendredi 25 mai 2018, nous avons rendez-vous à 7h là où le van nous a déposé la veille pour retourner à Ganzi. Finalement, ce ne sera pas le même chauffeur et nous partons à plus de 8 heure, un peu dépités parce que nous pensions prendre ensuite un bus pour nous rapprocher du nord. Nous arrivons vers midi à Ganzi et un jeune nous interpelle pour nous proposer d’aller à Chengdu. Nous voulons éviter cette grosse agglomération de plus de 8 millions d’habitants. Au début, nous avions pensé aller voir les pandas mais il s’agit d’un centre d’élevage et nous avons finalement abandonné l’idée. Nous filons en taxi à la gare routière pour essayer de rejoindre Songpan, sans passer par Chengdu : Pas de bus avant le lendemain 6 heure ! Nous décidons de retourner au terminal des vans et de négocier avec le jeune. Nous voudrions qu’il nous dépose dans une ville avant Chengdu. Malheureusement, il nous fait comprendre qu’il n’emprunte pas la route qui nous intéresse et que c’est Chengdu ou rien. Bon, ben ok… Sur les trottoirs, des vendeurs proposent des champignons chenilles (Ophiocordyceps sinensis de son nom savant ou yarsa gumbu en tibétain). Il a la particularité de parasiter des chenilles, pour les momifier. Il a de nombreuses vertus et il est beaucoup utilisé dans la médecine chinoise notamment comme stimulant sexuel. Il se vent très cher et représente un revenu non négligeable pour les tibétains.

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Nous partons vers 15 heure et le trajet dure 12 heures, pauses comprises. Oui, 12 heures, vous avez bien lu !! Tant qu’il fait jour, nous pouvons admirer le paysage de plaines couvertes de yaks avec des montagnes enneigées en toile de fond. Des stupas et des drapeaux à prières continuent de mettre de la couleur sur les pans des collines.

Le conducteur, un jeune, donne pas mal de coups de volant, écrit des textos et fait des vidéos en conduisant mais il est admirable d’arriver à cette performance de conduire autant de temps. Si je m’endors en toute confiance, ce n’est pas le cas d’Hélène qui n’est pas tranquille et va le surveiller plus ou moins jusqu’à l’arrivée, vers 3 heure du matin. De là, nous prenons une mobylette à trois roues pour nous conduire jusqu’au terminal de bus qui va nous permettre de rallier Songpan (enfin!!). Le bus étant vers 6-7 heure le matin, nous choisissons de faire l’impasse sur une chambre d’hôtel, vu le peu de temps que nous aurions à dormir. Une devanture de bar, proche de la gare routière nous servira d’abri, y compris de la pluie, en attendant l’ouverture du terminal. La vie nocturne dans cette ville est assez incroyable et un petit marchand ambulant propose à manger juste devant nous. Il nous propose gentiment par gestes, de nous asseoir sur ses tabourets plutôt que sur le petit muret que nous avons trouvé. Il est sympa ! Alors qu’il remballe son attirail, il nous fait comprendre qu’il veut nous donner des nouilles qu’il lui reste, gratuitement. Nous acceptons, touchés par cette sollicitude. Elles ne sont pas très bonnes et sont très épicées mais elles ont le goût de la gentillesse, et ça n’a pas de prix !

Samedi 26 mai 2018, quand le terminal ouvre enfin ses portes avec 20 minutes de retard et sous une pluie fine, c’est pour nous entendre dire assez sèchement qu’il n’y a pas de bus pour Songpan. Nous sommes découragés et fatigués. Enfin surtout Hélène (et oui, l’âge;)) parce que je cherche une solution et j’arrive à trouver qu’il nous faut prendre un bus qui va plus loin, payer la totalité du trajet et se faire déposer en chemin. Vendu ! À 8 heure, nous sommes dans le bus et après encore huit heures de trajet, nous arrivons enfin à Songpan. La route suit la gorge d’une rivière visiblement en crue dont les rives sont couvertes de cultures plus ou moins inondées. Beaucoup d’arbres fruitiers bordent la route et lors des arrêts, des pêches, des cerises, des prunes, des brugnons et d’autres fruits sont proposés à la vente. Cette fois-ci, Hélène peut dormir, la conduite du chauffeur de bus étant parfaitement sécurisante. À l’arrivée, on galère un peu pour trouver la « Emma guest house » mais finalement, après quelques tours et détours dans les ruelles, une gentille dame nous conduit jusqu’à la porte ! Que les gens sont serviables ! C’est vraiment incroyable et je me demande si le retour en France ne sera pas un peu difficile à ce niveau. Et également pour le fait de nous sentir comme des stars ! Depuis que nous sommes en Chine, les gens nous dévisagent et leurs regards sont chargés d’un mélange de surprise, d’émerveillement et de joie. C’est super agréable !

Vous l’avez compris, nous courrons un peu pour arriver à temps à Xi’ning pour notre train du 31 mai. Donc, nous décidons d’enchaîner directement avec la visite des incontournables de cette petite ville fortifiée. Devant la grande porte nord gardée par des chevaliers couleur or et le mur d’enceinte de l’ancien Songzhou (ancien nom de la ville de Songpan) trône la grande statue d’un couple qui semble nous saluer. Il s’agit de Songtsen Gampo (roi tibétain) et la Princesse Wencheng (princesse chinoise offerte en mariage à Songsten Gampo en 641 pour stopper son invasion ).

Des remparts très larges délimitent la vieille ville. Des statues de bronze illustrent la vie traditionnelle tibétaines. Dans les ruelles pavées, des cornes et des peaux de bêtes sont proposées à la vente. Nous arrivons à l’autre extrémité du village fortifié, avec une autre belle porte, la porte sud. En entrant dans le passage, nous découvrons de vieilles sculptures de chevaux.

Il y a également un nombre de militaires assez impressionnant. L’un d’entre eux, nous ayant interpellé gaiement d’un « hello » retentissant, enchaîne avec un « I love you » à Hélène. Puis il se roule par terre en riant et en se cachant le visage dans les mains alors que nous éclatons de rire ainsi que tout le monde autour de nous. Nous comprenons, en voyant des armes et des mitraillettes, que nous sommes au milieu d’un tournage de film. De l’autre côté de la porte, trois cavaliers aux allures de mongols attendent pour la prise de vue. On nous fait tous reculer et faire silence pendant le jeu de la scène. C’est trop marrant de se retrouver au milieu de ce tournage.

Nous passons devant un joli pont puis prenons ensuite la direction du temple de Guanyin, en hauteur, pas extraordinaire, mais la vue sur les remparts et plutôt sympa.

Nous redescendons rapidement et au passage, nous avons une vue sur un marché de viande. Un yak est en train d’être découpé et d’autres attendent dans des enclos. Pour sûr, nous ne sommes pas chez des bouddhistes. Ce qui est confirmé un peu plus loin quand nous sortons de la ruelle appelée « rue des musulmans ». Une partie de la population de la ville de Songpan appartient à la minorité Hui qui est musulmane.

Nous rentrons au passage dans une mosquée dans laquelle nous recevons le même accueil chaleureux que partout. D’ailleurs le mélange mosquée-pagode est architecturalement très réussi ! Nous rentrons enfin manger et doooormiiiir !!!

Dimanche 27 mai 2018, après une super bonne nuit, nous prenons le bus de 7 heure pour nous rendre dans le parc national de Huanglong. Il s’agit d’une vallée entourée de pics enneigés dans laquelle des formation géologiques offrent un spectacle incroyable. Enfin, c’est ce que nous espérons. Vus du ciel, les bassins calcaires donnent l’impression d’un dragon jaune qui s’enroule autour des montagnes. Classé au patrimoine naturel mondial en 1992, le lieu est très touristique et donc cher. Près de 40 euros chacun pour aller admirer la nature, ça nous défrise un peu. Bon, l’avantage c’est que pour la première fois depuis que nous sommes en Chine, il y a des explications en français ! Un téléphérique permet d’atteindre le sommet à moindre effort mais en payant encore. Vous nous connaissez, on préfère utiliser le moteur naturel de nos jambes et en plus, les touristes asiatiques n’étant pas très sportifs, nous sommes vraiment seuls dans la montée. Et omme on est arrivé avant l’ouverture, nous sommes les premiers à nous lancer dans l’ascension. L’interdiction d’emprunter un des deux chemins sera notre première déception. Nous voulions faire une boucle et non pas un aller retour par la même voie. En arrivant à « la piscine de bienvenue », à plus de 3200 mètres d’altitude, nous comprenons que nous ne sommes pas à la meilleure saison en constatant que pas mal de bassins sont vides. En effet, l’eau qui descend de la montagne a formé, en plusieurs siècles, des bassins dont les bords sont des petits murets de calcaire. Ceux qui sont remplis le sont d’une eau incroyablement cristalline et ont des couleurs vertes superbes.

Des orchidées pourpres et quelques une jaunes bordent les différentes piscines.

Nous passons aussi à « la cascade de l’étoile » puis à « la cascade du lotus » dont les concrétions calcaires ressemblent à cette fleur, porte bonheur en Chine, ou à une patte de dragon.

À plus de de 3300 mètres d’altitude, nous arrivons aux « sables d’or ». Toute notre montée se fait sur une large passerelle de bois strié anti-glisse et pourvue de nombreuses marches. Elle passe au milieu de l’eau et des formations naturelles. Nous atteignons « la piscine du paysage de plantes en pots ». effectivement, des arbres ont poussé au milieu des bassins aux eaux d’émeraude, donnant un paysage superbe et insolite.

Le long du chemin, deux cabanes proposent de respirer de l’oxygène en cas de difficulté. À 3400 mètres, «  la piscine de miroir » permet d’admirer le reflet du ciel (malheureusement blanc aujourd’hui) et des montagnes.

Nous arrivons ensuite à « la piscine de suoluo » qui doit son nom aux fleurs d’une variété de rhododendron qui s’épanouissent en avril-mai. Nous ne verrons que peu de rhododendrons en fleurs mais par contre de jolies fleurs aquatiques jaunes d’or, des arbustes aux fleurs roses et d’autres aux fleurs violettes.

Le long de la passerelle de bois, des mini pagodes de bois aux toits végétaux offrent un repos à l’ombre aux marcheurs. Le soleil ne nous gêne pas trop aujourd’hui, ce qui est bien dommage. Mais, il ne pleut pas et c’est pourtant un endroit très humide, donc, on a quand même de la chance. D’ailleurs certaines touristes asiatiques vont beaucoup nous amuser avec des sur chaussures en plastique bleu ou rose pétant qui semblent être à la pointe de la mode ! Un peu plus haut, le temple Huanglong Zhong Si, bouddhique, construit sous la dynastie des Ming, est fermé. C’est notre deuxième déception…Alors que nous continuons à gravir les marches, une jeune fille descend de la passerelle pour aller sur le bas côté. C’est interdit et c’est pas bien ! Mais lorsque nous regardons de plus près, elle nous montre sa récolte : des morilles ! C’est à regrets qu’Hélène décline son offrande d’une superbe morille, son champignon préféré. Des oiseaux peu farouches se laissent (un peu) approcher alors qu’ils recherchent quelques miettes sur les planches de bois. Ils ont de jolie reflets verts et bruns dans leurs plumages et ce n’est que lorsqu’ils volent qu’on peut admirer leurs queues bordées de plumes noires et blanches du plus bel effet !

Notre troisième déception de cette excursion sera la fermeture de l’accès à « la grotte de Huanglong (dragon jaune) ». Décidément ! Sinon, ils n’ont qu’à baisser le prix d’entrée vu l’accès à plusieurs sites est interdit ! Par contre, on peut rentrer dans « le temple ancien de Huanglong » et il faut bien avouer qu’il est superbe. Construit il y a plus de 600 ans sous les Ming, c’est un lieu de pèlerinage de diverses ethnies comme les tibétains, les qiangs, les huis et les hans. Une belle cour intérieure abrite des brûloirs surmontés d’ombrelle pour protéger le feu de la pluie. À l’intérieur, outre les statues offertes à la dévotion, de beaux vases et de superbes et délicates peintures ornent les murs.

Derrière le temple, nous avons une dernière boucle à effectuer et, en prenant par le haut, nous surplombons de multiples bassins aux eaux d’un bleu clair extraordinaire : l’étang aux 5 couleurs. Nous sommes éblouis par la vue. C’est vraiment fabuleux ! La nature crée tellement de beauté !

Alors que nous redescendons, le papa d’une famille, probablement tibétaine, vu les habits traditionnels portés par la maman, m’arrête pour me demander de prendre des photos. Nous sommes flattés…Plus tard, arrivés en bas, c’est beaucoup plus difficile de trouver un véhicule pour nous ramener. Nous demandons, grâce à l’application de traduction, aux hommes qui sont dans le kiosque « information » mais ils ne semblent pas trop savoir. On tente de faire du stop et d’arrêter des bus mais sans succès. Les employés du bureau d’information ne nous quittent pas et tentent de nous aider. Finalement, un homme au volant d’une voiture particulière nous propose de nous emmener mais le prix qu’il demande est trop élevé et il faudra encore négocier. On lui demande de nous conduire à la gare routière de la petite ville située à l’intersection de la route qu’il nous faut prendre pour continuer notre voyage. Sur place, il n’y a pas de bus pour Zoige. C’est relou comme dirait mon fils ! Finalement, le chauffeur qui nous a conduit (chèrement) jusque là va nous transporter jusqu’à la véritable intersection de la route. De là, nous devons attendre et arrêter le bus. Mais comment être sûrs que c’est le bon.. ? Nous n’avons pas le temps de nous poser la question qu’un couple d’asiatique s’arrête et propose de nous prendre dans leur voiture moyennent un prix très raisonnable. C’est du covoiturage à la chinoise. Après un voyage sans encombre durant lequel nous pouvons voir des rassemblements de yourtes et de tentes, nous arrivons à destination au bout de trois heures environ, l’allure ayant été bien ralentie par de nombreux travaux. Nous nous rendons directement à la gare routière pour organiser notre voyage du lendemain. On ne doit pas perdre de temps ! D’après nos échanges avec la guichetière qui ne parle et ne comprend que le chinois (ou le tibétain?), il n’y a pas de bus pour Labrang où nous voulons aller voir le fameux monastère. On demande pour d’autres villages sur la route mais apparemment, il n’y a qu’un bus à 14h30. La galèèèère !!! On trouve (difficilement) la guest house recommandée par le guide et traversons la rue pour manger. Deux jeunes filles sont attablées et tentent de d’échanger avec nous. Elles sont tibétaines et sont extrêmement heureuses de nous voir et de discuter via nos applications respectives de traduction. Elles sont étudiantes et veulent se prendre en photo avec nous. Elles sont enthousiastes et nous offrent l’hospitalité si nous revenons ici. Hélène, émue, en a les larmes aux yeux. Nous échangeons des câlins (enfin, les filles, parce que pour moi, ce sera serrage de mains) avant de nous quitter. Je crois que je l’ai déjà dit, mais c’est pas grave, je le redis, les gens sont trop trop gentils !!!