SHANGRI-LA

par | Mai 30, 2018 | Chine | 2 commentaires

Samedi 19 mai 2108, nous partons explorer la vieille ville de Shangri-La. Les rues pavées sont désertes et beaucoup de magasins sont fermés ou en cours de construction. Un incendie à ravagé cette partie de la ville en janvier 2014 et détruit une bonne partie du quartier. C’est vrai qu’il est très neuf et les maisons sont essentiellement en bois. La population est principalement tibétaine et des drapeaux à prières ornent les rues de partout les parant de belles couleurs.

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Nous allons déguster un délicieux bibimbat (plat coréen) au Helen’s pizza (il ne font pas que des pizzas), servi dans un grand caquelon : c’est un mélange de légumes, de riz et d’épices recouverts d’un œuf frit.

Puis, nous nous rendons au « temple des 100 poulets », au sommet d’une colline voisine d’où on a une jolie vue sur les toits gris des maisons de la vieille ville. Ce n’est qu’en en faisant le tour qu’on pourra effectivement apercevoir les volatiles à l’ombre des arbustes. Une autre particularité du lieu, c’est le nombre incroyable de drapeaux à prière qu’il y a ci. Ils forment un véritable plafond par endroit ! Au bord du chemin, des iris nains côtoient des buissons d’azalée en fleurs. En plus des poulets, on voit aussi des cochons et même des rats dont un gros qui passe devant Hélène alors qu’elle pénètre dans l’édifice, ce qui lui donnera envie de partir rapidement !

Nous choisissons de redescendre d’un autre côté pour aller au temple Da Gui Shang. De grands escaliers mènent à la partie principale du temple, ainsi qu’au grand moulin de prière couleur or qui surplombe la ville. Il s’agit du plus gros moulin à prière du monde (21m de haut), et il faut une dizaine de personnes pour arriver à le faire tourner.

Dimanche 20 mai 2018, c’est au monastère Songzanlin ou Gandan Sumtseling Gompa en tibétain, au nord de la ville, que nous décidons de nous rendre. Il est surnommé le petit Potala et malgré les avis mitigés que nous avons pu lire sur les blogs, on a bien envie d’aller voir cet avant-goût de Lhassa.Il fut construit en 1679, détruit en partie pendant la révolution culturelle et rénové à partir des années 1980. De nos jours, environ 700 moines et lamas y vivent et y étudient les textes bouddhistes. Il s’étend sur une surface de 330 000 m² et il est composé de trois halls principaux (Sakyamuni Hall, Dratsang Hall et Master Tsongkhapa Hall) et de huit Khamtsen (temple). Il faut d’abord prendre un bus (bus n°3) qui nous conduit jusqu’à une billetterie. Nous avons pris les notres à l’auberge et les avons ainsi payé moins cher (105 au lieu de 115 yuans). Ensuite, c’est une navette qui doit nous emmener jusqu’au fameux village monastique distant de 2-3 km.

Mais…ce matin là, la deuxième édition du Shangri-La international duathlon challenge (course à pied de 10 Km) interdit toute circulation et nous y allons donc en marchant.

En chemin, une plate-forme de funérailles célestes est indiquée. Une fois le corps déposé dans l’herbe, un moine chante en tournant autour du défunt et en brûlant de l’encens. Le corps est ensuite découpé , puis la chair est mélangée à de la farine d’orge, du thé et du lait de yak, avant d’être donnée aux vautours. Les cérémonies n’ont lieu que certains jours de la semaine. Si on arrive à en voir une, promis, on essaie de vous mettre des photos…On arrive ensuite près du lac Lamuyangcuo (lac sacré habité par l’âme de la déesse Bandanlamu). Le village monastique et les différents toits dorés des temples doivent se refléter dedans. On en fait le tour pour avoir une bonne vue mais un petit vent plisse la surface du lac et les photos ne sont pas extraordinaires. Par contre, la vue qu’on a oui ! En plus, de gros nuages blancs se détachent sur le ciel bleu si pur et je ne sais pas si c’est à cause de l’altitude mais le résultat est presque irréel.

Des bébés yacks gambadent sur les bords de l’étendue d’eau couverte d’une plante dont les fleurs délicates se situent entre l’iris d’eau et l’orchidée. En contournant le lac, nous passons près de la colline sacrée (Dongqusheng hill) coiffée de deux stupas et de drapeaux à prières.

Nous arrivons au pied des escaliers qui mènent jusqu’au hall principal et à plusieurs khamtsen. Nous commençons par le Jidi khamtsen. Nous sommes absolument seuls. Dans la cour, un moine est en train de se couper les ongles des pieds. Dans le « préau » devant l’entrée du temple, des dizaines de bougies (au beurre de yak) se consument devant de grandes peintures très colorées. Alors que je prends une photo de l’intérieur du temple depuis le seuil, un moine qui ne nous avait absolument pas calculé, me fait comprendre sèchement que c’est interdit. Ok, c’est pas la peine de s’énerver !

Ensuite, nous passons au Yangtang khamtsen aux dimensions imposantes. Comme il est interdit de prendre des photos, nous le ferons en mode furtif… (c’est pas bien ! ) La hauteur des plafonds à l’intérieur des temples est très impressionnante et de lourdes tentures aux couleurs vives pendent de partout et habillent les piliers.

Nous entrons alors dans le Dratsang hall et pouvons monter ses étages dont certains permettent un accès à des terrasses qui surplombent le monastère. C’est magnifique ! Les toits aux sculptures dorées se découpent sur le bleu du ciel et ses gros nuages blancs. Nous sommes émerveillés.

Après le Sakyamuni Hall et ses différentes statues de divinités, nous arrivons au Dongwang khamtsen. L’accès est barré par une tenture tendue en travers de la porte à mi-hauteur et nous entendons des prières qui viennent de l’intérieur. En plus, des dizaines de chaussures attendent leurs propriétaires devant l’entrée du temple. Alors que nous attendons respectueusement la fin de l’office, Hélène voit sortir trois touristes asiatiques en souliers. Elle demande alors par gestes à un moine si on peut entrer ? Ok. Les moines sont assis sur des banquettes et semblent attendre alors que des prières aux tons très très graves sont diffusées dans le temple. Nous nous asseyons par terre, près de la porte, nous faisant le plus discrets possible. Des moines entrent alors, portant de gros plateaux de riz. L’un d’entre eux sert ceux qui sont assis à l’aide d’une louche. Les moines tendent des sacs plastiques en guise d’assiette. C’est sûr que c’est plus simple pour la vaisselle ! D’autres moines viennent leur distribuer des boîtes de polystyrène, genre Mc Do. Une sorte de bouillon leur est servi dans des bols. Et là, alors que nous observons silencieusement la scène, les yeux écarquillés et n’en perdant pas une miette, un des moines vient déposer deux boîtes à nos pieds…Nous sommes tellement surpris ! Ébahis ! Par tant de gentillesse ! Nous le remercions à grands coup de sourires et « xié xié ». Quelques secondes plus tard, il vient nous déposer trois autres boîtes. Nous nous confondons en remerciement. Nous avons un vrai repas avec du riz (bien sûr), des sortes de frites, des légumes genre champignons et blettes ou cardons, et du bouillon. C’est végétarien (forcément) et c’est trop bon. Tout le monde se met à manger en silence mais les moines les plus proches de nous nous regardent amicalement et souvent en souriant. Certains nous font même des petits signes de la main. Alors que des moines nettoient ensuite le sol jonché de grains de riz et de papiers, d’autres, assis, leur tapent sur les fesses au passage en rigolant. Ils sont marrants ! En sortant, l’un d’entre eux dépose aux pieds d’Hélène une pomme. Ils sont tellement sympas ! Et semblent si heureux de nous faire plaisir ! Nous sommes vraiment touchés et ressortons repus et un sourire béat aux lèvres.

Nous entrons ensuite dans le Chatreng khamtsen (si on vous dit tous ces noms, c’est au cas où vous y alliez un jour hein?). De belles peintures aux couleurs vives (dont l’omniprésente roue de l’existence et l’incontournable chemin de Samatha) décorent toujours les murs. Petit détail qui a son importance, dans les temples bouddhistes, il faut toujours se diriger dans le sens des aiguilles d’une montre.

Parmi les personnages peints, l’un d’entre eux est en érection…On vous laisse trouver la peinture ! Après une dernière visite à un grand temple couvert de drapeaux, nous repartons de cet endroit enchantés. Pour retourner à l’entrée principale, nous empruntons des petites ruelles bordées d’anciennes bâtisses.

De retour au bureau d’entrée (en navette cette fois-ci, la course est terminée), nous entrons dans un centre d’exposition de la culture tibétaine où nous pouvons admirer différents objets de cultes, des bijoux sacrés mais aussi de très beaux masques utilisés lors de certaines cérémonies.

Le sooir, nous allons sur la petite place proche de notre hôtel pour assister aux danses de la population locale. Une grande ronde comprenant deux files se déplace au rythme d’une musique traditionnelle. C’est captivant à voir. Les touristes peuvent se joindre aux danseurs et certains le font (des asiatiques) mais semblent connaître les pas qui ne sont pas si simples. Nous ne nous y risquons pas même si nous en voyons qui font un peu n’importe quoi sans l’ombre d’un jugement de la part des initiés.

Certains des danseurs, surtout des danseuses, ont revêtus leurs habits traditionnels et c’est très joli à regarder. Au centre du cercle, des enfants s’amusent tranquillement. Une autre version de la garderie…

Lundi 21 mai 2018, nous allons nous reposer, avancer le blog et organiser la suite de notre voyage, ce qui, je vous assure, est un vrai travail…