ROAD TRIP PARTIE 2 : CHUTES D’ORKHON – LAC DE TERKHIIN TSAGAAN – KHARKHORIN

par | Juil 6, 2018 | Mongolie | 6 commentaires

Jeudi 28 juin 2018, nous avons encore plus de 200 km à faire sur une piste qui nous projette par moment de partout et nous fait décoller de nos sièges. C’est vraiment difficile pour Hélène. Elle n’est plus toute jeune XD … ! Aujourd’hui, nous quittons le désert de Gobi. Effectivement, petit à petit, le paysage se transforme et verdit. Des collines et petites montagnes se couvrent de conifères, de mélèzes et nous avons l’impression de nous retrouver dans les Vosges ou le Jura. Les troupeaux, toujours aussi nombreux, comptent des animaux plus gras que ceux du désert qui étaient parfois bien maigres.

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DÉSERT DE GOBI

LAC DE TERKHIIN TSAGAAN

KHARKHORIN

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Après un arrêt avec une petite séance collective de stretching, nous arrivons dans la petite ville dans laquelle nous allons prendre notre repas de midi. Les maisons sont recouvertes de toits en tôle ondulée rouges, verts, bleus, jauneS ou orangeS qui forment un joli patchwork. Depuis le début de notre tour, nous avons constaté que les parts de la nourriture sont vraiment conséquentes. C’est culturel ici tout comme manger de la viande souvent trois fois par jour. Les mongols sont persuadés que c’est la seule façon de faire face à leur conditions de vie bien souvent extrêmes. Il faut dire que les températures descendent facilement jusqu’à – 35° quand ce n’est pas – 40°…Nous traversons de grandes steppes et les moutons et chèvres font des petits points de couleurs différentes sur le vert de la plaine. De grands rapaces sont posés dans l’herbe de temps en temps, au bord de la piste. On verra aussi un renard, des yaks et des canards près des rivières, dont ceux de Sibérie que je reconnais pour les avoir déjà vu au Népal. Et bien sûr, un nombre impressionnant de chevaux. Des gardiens de troupeaux font leur travail en moto ou à cheval, armés d’un bâton pour les rassembler. Ils sont traditionnellement vêtus d’un grand manteau chaud de couleur avec une ceinture. C’est un « del » (prononcez dai). Il y a deux autres choses qu’on voit beaucoup aussi et dont je ne vous ai pas encore parlé : Des animaux morts et des déchets. Les cadavres et parfois ossements jonchent les abords de la piste. Ils sont morts de froid, de faim, de maladie ou percutés par une voiture selon Daimi. Quand aux poubelles, on n’en croyait pas nos yeux. Nooooon ! Pas ici, dans le désert de Gobi !!?? Et bien si… C’est vraiment un problème mondial qui n’épargne aucune partie des pays que nous avons traversé. La plaine verte est constellée de pierres noires (c’est mieux!) qui sont en fait des morceaux de lave. Au bout de plus de huit heures de piste, nous arrivons enfin (ouf pour Netji) et déposons nos affaires dans la ger.

Après un repos bien mérité, nous partons à pied aux chutes d’eau de l’Orkhon (en fait les chutes d’eau de la rivière Ulaan Tsutgalan). Ces chutes se sont formées il y a plus de 20 000 ans suite à la répétition de tremblements de terre et d’éruptions volcaniques. Avec une vingtaine de mètres de haut, ce sont les plus hautes du pays. De grands övöo sont dressés en haut des falaises et au pied des chutes qui sont sacrées pour les mongols. Le lieux est vraiment très joli et nous descendons au bord de l’eau par un éboulement de rochers. Puis on remonte par un autre chemin un peu moins périlleux. Je vais faire un tour jusqu’en haut de la chute tandis que les autres rentrent tranquillement en passant près d’un troupeau de chevaux et de leurs petits.

Ensuite, je décide de monter en haut d’une colline qui surplombe le campement des yourtes. J’aperçois en contrebas des nomades qui ramènent leur troupeau.

Je redescends et assiste à un somptueux coucher de soleil depuis notre camp. C’était encore une belle journée et la Mongolie est décidément un beau pays, on vous laisse juge avec les photos !

Vendredi 29 juin 2018, avant le petit déjeuner je retourne aux chutes d’eau, il n’ya personne sauf une multitudes de petits rongeurs dont je ne connais pas le nom (j’ai l’impression que ce sont des marmottons, mais notre guide me dit que non…).

Puis nous partons tranquillement en direction des sources chaudes de Tsenkher dans l’aimag de l’Arkhangai. Ces sources sont encore accessibles via une piste. Pour moi, ce voyage sera le pire. J’ai l’impression que les secousses résonnent dans tous mes os. C’est terrible ! Après avoir refait une partie de la route de la veille en sens inverse, nous bifurquons dans une vallée. Le paysage est toujours aussi splendide et le ciel bleu se charge progressivement de beaux et gros nuages blancs. Le contraste avec le vert des collines et des arbres est très joli. En longeant une autre vallée, nous dérangeons plusieurs fois des troupeaux qui ne sont pas vraiment pressés de partir du chemin… Des yaks, des chevaux, des chèvres et des moutons se regroupent près de l’eau qui est bien présente ici tout comme les mouches qui nous entourent en bourdonnant dés qu’on met le nez dehors.

Alors que nous ne sommes plus qu’à une quinzaine de kilomètres de notre arrivée, soit un peu moins d’une heure, des policiers (en civil, on n’aurait pas deviné…) nous arrêtent. La route est fermée pour cause de maladie animale et on doit faire demi-tour… On décline la proposition de Daimi de pique-niquer, les mouches nous en interdisant l’option et arrivons au final deux heures plus tard que l’heure prévue. Notre campement du jour est un camp de yourtes touristique et même si on n’est pas trop fan, avoir des toilettes et des douches dignes de ce nom n’est pas négligeable. Deux bassins d’eaux thermales et soufrées se situent juste à côté du bâtiment, à l’air libre. Nous les testons assez rapidement mais les mouches nous font ressortir vite…

On tentera à nouveau plus tard, quand elles seront couchées parce que là, c’est juste impossible de profiter. On tente de monter une colline boisée mais c’est la même chose et nous renonçons alors que nous ne sommes pas tout à fait au sommet. Plusieurs dizaines de ces insectes nous tournent autour et on n’arrive même pas à prendre des photos… En plus, en enjambant des petits ruisseaux qui courent ou stagnent dans la prairie, des centaines de moustiques volent au-dessus de l’eau ce qui n’est pas pour rassurer Hélène. Bon, je crois qu’on va modifier nos plans pour la suite de notre voyage après le tour parce que sinon, ça risque d’être compliqué… Avant le repas nous allons acheter quelques bières et devant la petite échoppe nous assistons au montage d’une ger.

Après le repas, on retourne se baigner dans les termes et là c’est bien mieux. Pas de mouches, pas trop de touristes et l’eau chaude nous fait du bien par rapport à la fraîcheur ambiante du soir. Par contre, les filles déclinent, n’ayant pas envie de se mouiller avec cette température. Daimi et Bulgaa nous rejoignent et nous terminons tous dans notre ger à se boire une bière (sauf notre chauffeur qui ne boit pas d’alcool).

Samedi 30 juin 2018, Nous prenons la route pour une étape de « seulement » un peu plus de 200km dont 150 environ sur route goudronnée, ce qui réduit considérablement le temps de trajet et améliore les conditions du voyage.

À midi, on s’arrête dans une ville pour s’y ravitailler et prendre notre repas. Et là, incroyable, il y a du wifi !! Hélène a du mal à en repartir ! Les paysages de collines verdoyantes est toujours aussi beau mais le temps est à la pluie et on aura pas mal d’eau pendant le trajet. Après un arrêt pour admirer un canyon avec une rivière qui coule au fond, nous arrivons en fin d’après-midi au lac de Terkhiin Tsagaan. Il s’étend sur 16 km de long et sur 4 à 10 km de large. Il est le résultat de l’éruption volcanique du volcan Khorgo dont nous ferons l’ascension le lendemain . D’ailleurs, il est entouré par des cratères d’autres volcans éteints. Nos hôtes nous offrent gentiment un bol de thé au lait de yak avec un morceau de gâteau maison, le tout très bon. Notre yourte doit certainement être la plus vieille depuis le début de notre tour… Les toilettes sont réduites à leur plus simple expression : un trou et deux planches dans un cabanon un peu éloigné… Et on va rester ici deux jours !

On décide de monter tous les deux sur la colline qui surplombe notre campement mais des insectes nous suivent encore partout et bien qu’ils soient moins collants que les mouches de la veille, après avoir parcouru une portion de la crête, Hélène décide de retourner se mettre à l’abri, tandis que je continue mon chemin. La vue sur le lac est superbe.

Ce soir, c’est barbecue coréen dans la yourte. Daimi et Bulgaa apportent une sorte de petit barbecue portatif à gaz. Il y a du riz (bien sûr), de la salade verte, des légumes fermentés, de la sauce coréenne (épicée), et de la viande. C’est du gras de porc avec la couenne et des morceaux de bœuf. On roule le tout dans une feuille salade que l’on met dans la bouche. Ce n’est pas mauvais mais, franchement, je préfère la formule française ! Ensuite, Daimi part se baigner dans le lac. Il fait plutôt froid mais il aime bien. Quand à Bulgaa, il pêche à la cuillère mais n’attrapera rien. Le soir, je vais regarder le match France-Argentine dans la yourte du propriétaire des lieux. Le match est super et comme vous le savez la France l’emporte 4-3. Le top !

Dimanche 1er juillet 2018, nous devons faire une balade à cheval aujourd’hui. Le temps est menaçant mais il ne pleut pas. Nos montures nous attendent et, vers 10h, on part tous les quatre plus Daimi et un neveu de nos hôtes qui est visiblement plus qu’habitué à faire du cheval.

Comme Hélène a clairement dit qu’elle avait un peu peur, le jeune tient son cheval par une longe. Nous, par contre, nous sommes libres mais nos chevaux ne sont pas très énervés. Pour le faire avancer plus rapidement, on dit « TCHOU TCHOU » comme le petit train !! Alors que nous sommes partis depuis ½ h environ, il se met à pleuvoir. Daimi propose à Hélène que Bulgaa vienne la chercher et elle fini par accepter sa proposition. Une balade sous la pluie ne la fait pas tripper ! Nous continuons vaillamment et la pluie s’arrête peu de temps après. Nous passons près d’une grotte dont l’entrée, très étroite, ne permet le passage que d’une personne à la fois. Nous aimerions bien aller voir mais il y a déjà une quinzaine de personnes et Daimi nous dit que ce n’est pas prudent. Mouais… Je pense qu’il pêche un peu par excès de prudence, ce garçon ! Je m’essaye au galop, c’est grisant. On arrive ensuite au pied du volcan éteint de Khorgo qui culmine à 2240 mètres d’altitude. On laisse nos montures à la garde du jeune pendant qu’on gravit, à pied, les flancs du cratère couvert de basalte.

Son cratère mesure 200 mètres de diamètre et 70 à 80 mètres de profondeur, et est entouré de petits bosquets d’arbres. Un chemin en fait le tour et je commence à l’emprunter mais notre guide me rappelle car il est temps d’y aller. Je lui demande si on pourra y revenir plus tard pour en faire le tour mais il me dit que ce n’est pas prudent…Décidément !

On rentre par le même chemin et on fait un peu de galop de temps en temps. Ce n’est que la deuxième fois que je fais du cheval (la première c’était en Patagonie, au Chili), mais franchement, je me sens plutôt à l’aise. Et Hélène qui est monté en haut d’une crête pour nous guetter trouve clairement que je me débrouille bien. Bon, quelques fois, quand il allait un peu trop vite, je n’était pas rassuré, debout sur mes étriers, mais tout s’est bien passé ! Nous passerons toute l’après midi sous la ger car il ne cesse de pleuvoir. Le propriétaire viendra nous allumer le poêle car il fait humide et froid.

Lundi 2 juillet 2018, il est temps de partir des bords de ce lac. On retourne à la civilisation ! On part sous la pluie qui tombe depuis la veille. On roule jusqu’à Kharkhorin, ancienne capitale Mongole édifiée en 1220 sous les ordres de Genghis Khaan et dont le fils a terminé la construction. Au XIII siècle, elle sera l’une des plus grande ville au monde. Le monastère Erdene Zuu, fondé en 1585 par le prince Altai Khan, fut le premier monastère sédentaire du pays. Jusque là, les monastères étaient itinérants, se démontant et suivant les nomades. D’immenses murailles hérissées de 108 stupas délimitent la superficie du monastère. Lors des purges communistes des années 1937, le monastère fût en partie détruit, de nombreux moines tués, et d’autres envoyés au goulag en Sibérie. Il restera fermé jusqu’en 1965, où il devint un musée et c’est seulement en 1990 à la chute du régime communiste qu’il redevient un lieu de culte.

Nous passons devant le stupa d’or, érigé en 1799 en l’honneur du quatrième Bogd Khan. Il est entouré de huit petits stupa, mesure 10,5 mètres de hauteur et renferme 100 000 statues de bouddhas.

Nous arrivons devant le temple Khokh, le plus ancien du site, qui a été construit entre le XIV et XVI siècle avec les matériaux des ruines de Kharkhorin. Plus loin, les temples de Janraisig de Lavrin se côtoient. Ce dernier, d’architecture tibétaine abrite encore une communauté de moines et une session spéciale de prières nous en interdit l’entrée. Alors que nous en faisons le tour, un oligarque arrive avec sa famille et sa garde rapprochée. Ils pénètrent sans souci dans le temple… Nous n’avons pas les mêmes valeurs !

Nous terminons notre visite par le temple du dalaï-lama, construit en 1675 pour commémorer la visite du fils d’Abataï Khan au dalaï-lama, et par un ensemble de 3 temples : le Baruun Zuu (à l’ouest) , le Zuu de Bouddha (temple central) et Zuun Zuu (à l’est). Ils sont dédiés aux trois étapes de la vie du Bouddha : l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte et abritent de nombreuses statues (bouddha Sakyamuni, bouddha du futur, bouddha du passé, Tsongkhapa…) et peintures. Mais les photos sont interdites ou payantes ce qui explique le peu d’illustration.

On part ensuite faire des achats pour le repas du soir, le dernier de ce périple. Notre cuisinier en chef a décidé de nous faire goûter un barbecue mongol. Il fait chauffer des pierres de rivière puis les plonge dans une grosse marmite qui contient environ dix centimètres d’eau. Il met la viande, des pierres et alterne plusieurs couches. Ensuite, il rajoute des pommes de terre, des carottes, de l’ail, de l’oignon et du chou. Il referme alors sa cocotte et fait cuire à feu doux pendant une heure. Nous offrons au groupe un apéritif fait de bières (coca pour Bulgaa), de cacahuètes et de chips. C’est qu’il faut fêter notre dernière soirée ! Le repas est bon mais me fait plus penser à un pot au feu qu’à un barbecue ! On passe une bonne soirée et la douche était excellente après deux jours sans !

Mardi 3 juillet 2018, c’est le retour à Oulan Bator, un trajet de 358km, mais heureusement la route est goudronnée. Nous partons relativement tôt car Giat et Shu prennent l’avion et doivent être à l’aéroport vers 16 H. Nous les déposons finalement à 15h30. Nos adieux sont chaleureux. Bulgaa nous dépose ensuite aux portes de la capitale car aujourd’hui, mardi, sa plaque d’immatriculation ne lui permet pas d’y rentrer. Nous finissons donc le voyage en taxi. Comprenez la voiture d’un particulier qui s’arrête quand on lui fait signe. C’est comme du stop mais payant. Cela réduit le nombre de véhicule et ici, tout le monde le pratique. Des mères de famille, chargées de sacs de courses, sortent de magasins et font signe. Elles n’ont pas attendre longtemps avant qu’une voiture s’arrête. J’aime beaucoup ce concept ! Après être passé à l’agence pour régler notre tour, nous repartons à pied (haaaaaa) sous la bruine en direction de notre première auberge, pas chère et équipée d’une salle de bain ce qui nous fait vraiment envie après ces dix jours.