ROAD TRIP PARTIE 1 : OULAN BATOR – DÉSERT DE GOBI

par | Juil 6, 2018 | Mongolie | 4 commentaires

Vendredi 22 juin 2018, nous arrivons vers 8h à Erenhot, à la frontière. On prend une sorte de camionnette que l’on partage avec deux hommes de Singapour avec lesquels nous avons sympathisé pendant le trajet. Ils parlent anglais, ce qui facilite grandement les rapprochements. Le chauffeur va nous balader un bon moment dans la ville et on ne comprend pas trop pourquoi. Il nous fait monter dans un van déjà occupé par 4 personnes (plus nous 4) et conduit par une dame qui va nous faire passer les différents postes frontière. En fait, on ne peux pas la passer à pied, ce qui crée un sacré business ! Après avoir passer le bureau d’immigration chinois, nous enchaînons avec le bureau d’immigration mongol à Zamiin-Uud. Alors que nous faisons la queue, une coupure de courant bloque la progression de la longue file d’attente pendant une bonne heure… De là, il y a plusieurs options pour rejoindre Oulan-Bator : soit un train qui part à 17h30 et arrive le lendemain, soit un bus au sujet duquel nous avons très peu de renseignements, soit par van et c’est la solution que nous allons choisir pour ces quelques 670 km. Nous sommes très serrés, trois au lieu de deux sur la banquette du fond mais c’est un véhicule grand luxe et le trajet va se dérouler plutôt bien. La route est bonne. Du coup, les deux chauffeurs qui se relaient (ça c’est bien!) roulent facilement à 120, 130km/h… Mais on n’a pas eu trop peur. On doit s’habituer ;). On arrive vers 21h, avec nos gros sacs, sans avoir réservé d’hôtel (on n’était même pas sûr de notre jour d’arrivée…) et on se cherche du wifi pour pouvoir en choisir un. On n’avait pas fait de vrai repas depuis…ah ben la veille à midi, tiens ! Du coup, on réserve un hôtel qui nous convient. Comme il est un peu loin, on voudrait prendre un bus où un taxi mais il n’y a rien en anglais sur les bus et pas de taxi visible. Une dame nous accoste gentiment et en anglais, nous pouvons communiquer. Elle nous explique que toutes les voitures sont des taxis potentiels. Il suffit de se mettre au bord de la route et de tendre le bras en faisant des mouvements de haut en bas. Sitôt dit, sitôt fait et la première s’arrête. Pratique !! Du coup, on arrive à notre hôtel, la Gana’s guesthouse vers 22h. Il n’est pas très cher, avec une salle de bains privée et même une baignoire. Mais il y a une fuite d’eau venant du plafond tellement grosse que le lendemain matin, c’est une vraie piscine. On s’en fout, on a dormi comme des bébés !!

OÙ SOMMES NOUS ?

OULAN BATOR

DESERT GOBI

SUIVEZ-NOUS SUR FACEBOOK

Samedi 23 juin 2018, nous changeons d’hôtel et allons à la Khongor guesthouse. C’est une auberge de jeunesse ultra propre (un bataillon de dames passe son temps à astiquer). Par contre la chambre est un placard. Il y a à peine de quoi passer entre le mur et le lit et seulement d’un côté. C’est par leur intermédiaire que nous allons partir 10 jours dans le désert de Gobi et le centre de la Mongolie. On passe notre journée à acheter ce qu’il nous faut pour l’expédition et à nous mettre à jour du blog. Et on y arrive ! On termine à 1h du matin fatigué mais content !

Nous traversons maintenant de vastes étendues vallonnées et relativement vertes couvertes de troupeaux. La Mongolie est un pays grand comme 2,3 fois la France et compte seulement un peu plus de 3 millions d’habitants dont 1,5 millions à Oulan Bator. D’ après Daimi il y aurait 55 millions de têtes de bétails en tout genre (vaches, moutons, chèvres, chevaux, yack et chameaux). Des yourtes, principalement blanches, se regroupent en petits campements de ci de là.

Dimanche 24 juin 2018, nous partons vers 9 heures avec deux filles qui habitent Singapour, Giat et Shu. Notre guide de 28 ans s’appelle Daimi et notre chauffeur Bulgaa. Nous embarquons à bord d’un van russe tout terrain (un UAZ-452) qui ne paraît pas tout jeune. Nous nous arrêtons ensuite pour acheter les provisions dont Daimi aura besoin pour nous préparer les petits déjeuners et les repas du soirs (c’est lui notre cuisinier). Au bout d’une heure de route nous tombons en panne. En 1/2h, Bulgaa a réparé la panne qui paraissait être un problème de boîte de vitesse.

Puis on va rentrer dans le désert de Gobi proprement dit et le paysage est plus aride. Nous mangeons vers 15h30 (!) dans un restaurant sur le bord de la route et c’est franchement bon ! Après un moment sur la route asphaltée, Bulgaa bifurque sur la gauche, sur une piste à peine visible. Et là, on va avoir l’impression de faire le rallye des 4L ou quelque chose dans le genre. On est bien secoué ! Le paysage est constitué de dunes de sables mais avec de petits buissons et du gravier un peu partout.On s’arrête au niveau des surprenantes formations rocheuses de Tsagaan Suvraga. Ces formations, hautes de 60 m, sont composées de différents minerais qui une fois exposés à l’air leur donnent des teintes colorées : roses, rouges ou encore oranges.

On descend le long d’un chemin très pentu et tout en sable pour aller admirer le site depuis le bas. C’est superbe. Pour remonter, c’est un peu plus sport avec le sable qui n’offre pas d’appui ferme mais tout le monde y arrive.

On se rend ensuite à quelques km, à un campement de yourtes à côté duquel des chameaux déambulent librement et d’autres sont attachés. Ils sont super marrants et semblent chanter. J’espère qu’il ne vont pas le faire toute la nuit parce que sinon, ça va être fun !! Daimi nous prépare un bon repas qu’il nous apporte dans notre yourte après nous avoir fourni de l’eau chaude avec du café et du thé, selon notre choix. C’est vraiment top. On se sent chouchouté et en même temps, ce tour a clairement un parfum d’aventure ! En plus, le courant passe super bien avec Giat et Shu et on se régale.

Lundi 25 juin 2018, Daimi nous avait parlé de se lever à 9h, de petit déjeuner à 9h30 et de partir à 10h. Mais comme il fait jour très tôt, vers 5h, tout le monde est prêt bien avant l’heure et nous pouvons partir 3/4h plus tôt. La piste est toujours aussi accidentée et nous sommes toujours autant secoués. On traverse toujours ce désert de pierres (erg ou reg, je ne sais plus lequel) et le ciel bleu est superbe, parsemé de petits nuages blancs qui font de belles ombres sur ces vastes étendues. On voit toujours autant de troupeaux sur le bord de la piste puis de la route. Celle-ci nous conduit à Dalanzadgad, la capitale de l’aimag d’ Omnogovi qui possède même un aéroport. La Mongolie est divisée en provinces (aimag) sous divisée en sum (distric). On commence par y chercher du carburant mais celui qui convient à notre camion semble spécifique et les stations sont toutes en rupture de stock. Bulgaa en met un autre et y rajoute de l’huile mais le moteur ne semble guère apprécier et l’accélération n’est pas des plus facile… Nous parvenons quand même à notre destination suivante : des douches ! C’est bien organisé car nous devrions en avoir à peu près tous les deux jours ce qui n’est pas si mal compte tenu de l’endroit où l’on voyage ! Puis, on va manger et une fois encore, c’est bon. On pensait vraiment avoir du mal à manger dans notre dernier pays, mais pas du tout ! Nous reprenons notre route et après avoir emprunté de nouveau une piste, nous arrivons à un campement de yourtes proches d’un musée. Oui, là, en plein désert, il y a un musée… Et autour, les yourtes sont des magasins de souvenirs. Bon, ben un peu de business quoi ! Le musée présente les différents animaux que l’on peut rencontrer dans le désert. Et c’est impressionnant de voir tout ce qui le peuple ! Des oiseaux bien sûr dont le plus gros est un vautour énorme (il y a plein d’animaux empaillés) et même des nocturnes, des putois, renards, chats sauvages, lynxs, loups, belettes, lièvres, chameaux, lézards (on en a vu et j’en ai même attrapé un), serpents, grues, canards, oies (je crois bien que c’est ce que j’ai vu au bord d’un point d’eau), gazelles, léopards des neiges, moutons sauvages (qui ressemblent à nos mouflons) et chevaux sauvages qui ressemblent plutôt à des ânes. Et puis il y a plein de picas, des petits rongeurs, pas très sauvages et ça aussi, on en a vu plein ! Le musée parle aussi des roches que l’on peut y trouver comme du charbon très pur et très cher qu’ils vendent à la Chine et d’autres roches comme de l’albâtre. Une autre pièce est consacrée aux dinosaures et des ossements et œufs qui ont été retrouvés ici sont exposés.

C’était instructif et en ressortant, nous repartons vers la montagne pour aller dans le canyon de Yoliin Am. Nous randonnons à travers une vallée verdoyante, puis longeons une rivière qui coule au milieu de gorges de plus en plus étroites et débouchons sur un amas de glace (cette partie du canyon ne voit que très rarement les rayons du soleil). Il est petit, n’est pas particulièrement spectaculaire mais de la glace dans le désert de Gobi, c’est franchement inattendu ! Tout le long de notre marche, nous verrons des chevaux (que certains empruntent pour faire le trajet), des vaches, des picas et des övoo. Ce sont des cairns sur lesquels les gens ont souvent mis des drapeaux bleus pour honorer le dieu du ciel. La tradition veut qu’on en fasse trois fois le tour dans le sens des aiguilles d’une montre et que l’on y dépose une offrande. Une pierre suffit.

Nous repartons ensuite en direction de notre nouvelle yourte pour y passer la nuit après cette bonne journée !

Mardi 26 juin 2018, nous prenons la route et traversons une gorge peuplée de troupeaux de chevaux qui broutent librement. Le passage est parfois difficile, même pour notre super camion et à un endroit, dans le canyon de Dungenee, les parois sont tellement rapprochées que Bulgaa passe très lentement et prudemment… Nous, on a décidé de descendre du véhicule et de franchir la passe en marchant.

Quand nous sortons de la zone montagneuse, c’est pour retrouver une partie vraiment désertique, plate avec parfois quelques chameaux et gazelles. Nous arrivons enfin à destination mais notre journée est loin d’être terminée !

C’est d’abord une balade d’une heure à dos de chameau qui nous attend. Bon, c’était notre première fois et franchement, ça s’est bien passé même si ce n’est clairement pas confortable et que l’heure me suffit amplement !!

Chaque fois que nous dormons sous des yourtes (ger en mongol), c’est chez l’habitant. Nos hôtes de la nuit ont leurs yourtes au pied des Khongoryn Els Dune, qui sont entièrement de sable fin. Ces dernières mesurent jusqu’à 300 m de hauteur, 12 km de largeur et quelque 100 km de longueur.

Après le repas, nous partons pour leur sommet, équipés de luges en plastique pour la redescente. Bulgaa qui nous emmène en camion jusqu’au parking, ne veut pas monter et Daimi se fait un peu tirer l’oreille, nous disant que c’est trop dur, etc…C’est vrai que la pente est raide et que grimper dans du sable est une épreuve bien difficile mais j’arrive en haut en premier, en ayant même rattrapé et dépassé pas mal de personnes. Hélène me suit puis Shu, Giat et enfin…Daimi !! Par contre, le vent est assez violent en haut et le sable nous fouette, rentrant dans les oreilles, les yeux, le nez… Du coup, Hélène redescend rapidement. Malheureusement, la luge ne remplit pas sa fonction et ne glisse que très très lentement. Elle terminera sa course en courant ce qui est bien plus rapide et marrant. Je reste au sommet, admirant le coucher du soleil sur une belle étendue de dunes de l’autre côté. Puis, j’utilise un couloir pour ma descente en luge mais comme pour Hélène, la luge ne glisse pas ou presque et pourtant, vu la pente, c’est plus que surprenant. Le phénomène est le même qu’avec une trop grosse couche de neige poudreuse. Mais c’était bien sympa !

Le soir, Daimi me propose de regarder le match France-Danemark dans la yourte du propriétaire. On n’y reste que la première mi-temps car à l’intérieur, les enfants couchent par terre et on suppose qu’ils ne vont pas tarder à avoir besoin de l’espace.

Mercredi 27 juin 2018, c’est encore 250 km de piste qui nous attendent. Les cervicales sensibles de Netji en souffrent un peu et même pour moi, le côté cahoteux du trajet n’est pas confortable. Pour nos compagnes non plus. Après un arrêt dans un restaurant très agréable, ouvert juste pour nous, nous arrivons à Bayanzag. Daimi nous explique qu’il y avait auparavant, une forêt de zag ou saxaoul (Bayanzag signifiant riche en zag), des arbres qui peuvent atteindre trois mètres de haut, n’ont pas besoin d’eau et sont appréciés des chameaux. Les hommes les ont aussi beaucoup utilisé pour se chauffer. La forêt a désormais disparu mais repousse doucement et nous en voyons la tâche verte du haut de ces falaises. Ce lieu où a été découverts de nombreux ossements et œufs de dinosaures par le paléontologue Roy Chapman Andrews est plus connu sous le nom de Flaming cliffs (falaises de feux). Le paysage, constitué de falaises de rocs, de sable rouge et de buissons, est très sympa mais on ne peut pas descendre.

Notre route nous conduit ensuite (en tressautant beaucoup), au milieu de petits monts de sable coiffés de roches noires donnant de beaux mélanges de couleurs.

À l’arrivée, nous commençons par nous rendre sur les ruines du monastère d’Ongiin Khiid. C’est l’un des plus ancien monastère bouddhiste du pays. Il a été fondé en 1660 et se compose de deux sites, l’un au nord et l’autre au sud de la rivière Ongii. L’ensemble abritait 28 temples, quatre universités bouddhiques et pouvait accueillir jusqu’à 1000 moines.
Il fut complètement détruit en 1939, sous la direction de Khorloogiin Choibalsan, dirigeant communiste mongol. 200 moines furent tués, d’autres emprisonnés ou enrôlés de force dans l’armée de répression communiste. En 1990, à la chute du pouvoir communiste, trois moines ayant débuté leur éducation bouddhiste à Ongiin Khiid sont retournés sur les lieux et ont commencés à réhabiliter ces ruines. Nous visitons le temple et un un petit musée abrité dans une ger, dans lequel on peut y trouver des objets religieux traditionnels et des éléments architecturaux du monastère d’origine.

Après avoir déambulé dans les ruines, nous allons à notre yourte ou ger (prononcez guir) mais cette fois-ci, il s’agit d’un camp de yourtes pour touristes. L’avantage, c’est la douche (on va enfin pouvoir se débarrasser de tout le sable que l’on porte) et une grande salle (en forme de château) équipée d’électricité dans laquelle nous pouvons manger. Trop top ! Du coup, on peut recharger le PC. Avant le repas, je monte sur la colline surplombant le restaurant pour avoir une vue d’emsemble du paysage. Avec une bonne bière, je vais même regarder la première mi-temps du match Corée-Allemagne.