PÉKIN-LA MURAILLE DE CHINE

par | Juin 23, 2018 | Chine | 6 commentaires

Vendredi 15 juin 2018, c’est le départ pour la capitale, Pékin ou Beijing. On a décidé de prendre un train rapide pour la relier en 5h30. C’est un peu plus cher mais de temps en temps, c’est agréable. Par le plus grand des hasards et pour notre plus grande chance, nous croisons une jeune fille de notre auberge en sortant et comme on lui dit qu’on prend le « speed train », elle nous explique que ce n’est pas la même gare que celle par laquelle nous sommes arrivés et où nous nous dirigions tranquillement…Purée, on n’est pas passé loin de la catastrophe !! Le train ressemble à s’y méprendre à un TGV, sauf qu’il est blanc. Arrivés à Pékin et ses 21 millions d´habitants, il nous faut rejoindre l’hôtel que nous avons réservé, tout près de la place Tian’anmen. Pour cela nous empruntons le métro et il n’est pas évident de trouver notre destination parmi les 18 lignes existantes.

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L’hôtel est deux fois plus cher que celui que nous avions à Xian et beaucoup mois bien. Il y a des cafards qui courent sur les meubles et des moustiques qui embêtent surtout Hélène. La première nuit, elle ne pourra s’endormir qu’après 6h du matin et la mort de cinq des insectes…

Samedi 16 juin 2018, on va surtout récupérer, préparer notre demande de visas mongols et avancer le blog. La température dans Pékin est très élevée et heureusement, notre hébergement à quand même la clim !

Dimanche 17 juin 2018, nous décidons de nous rendre sur la fameuse place Tian’anmen tout près de chez nous. Cette place couvre environ 44 hectares (c’est la 4 ème plus grande place au monde). Elle est délimitée au nord par la «porte de La Paix céleste», porte d’entrée de la cité interdite (sur le fronton de cette porte est accroché un portrait de Mao Zedong et c’est depuis le balcon de cette porte qu’il proclama la république populaire de Chine Le 1er octobre 1949) et au sud par la porte Zhengyang. Des bâtiments communistes, le palais de l’Assemblée du peuple à l’ouest et le musée national de Chine à l’est, bordent la place.

A peu près au centre est érigé le monument aux Héros du Peuple, un obélisque en granit, orné de bas reliefs, d’environ 38 m de haut et consacré à la mémoire des martyrs qui ont donné leur vie pour la lutte révolutionnaire du peuple chinois. On y trouve également le mausolée de Mao, où est exposé son corps embaumé.

De jolis massifs de fleurs apportent de belles couleurs à cet ensemble assez… terne. Mais pour beaucoup, cette place est associée aux manifestations de juin 1989. Les étudiants réclamaient plus de libertés notamment la liberté d’expression et de presse. Le mouvement avait gagné d’autres villes de Chine. Ces manifestations furent écrasées dans un bain de sang et de nombreux pays ont condamné cette répression sanglante du gouvernement chinois. Les chiffres officiels chinois parlent de plus de 200 morts mais de plus de 10000 victimes selon la Grande Bretagne ou encore la Russie… !! Beaucoup se souviennent de « tank man », ce jeune étudiant qui avait arrêté une colonne de char en s’interposant simplement de son corps. On ne sait d’ailleurs pas ce qu’il est devenu. Pour certains, il a été exécuté rapidement, pour d’autres il se cache encore … Bref, on arrive donc dans ce lieu chargé d’histoire, après avoir passé un point de sécurité (suite à un attentat qui a eu lieu en 2013).

On veut ensuite aller se promener dans des hutongs. Ce sont des ensembles de ruelles et passages étroits qui caractérisent l’architecture de Pékin au début de sa construction. Les maisons traditionnelles, des siheyuan, s’ouvrent sur des cours intérieures. On peut en visiter une, celle de Qi Baishi, artiste peintre célèbre pour ses calligraphies. Sa demeure a été transformée en musée à sa mort.

On termine notre visite en flânant dans les rues, le long de bassins où des musiciens jouent de la percussion et un homme fait évoluer habilement un diabolo.

Lundi 18 juin 2018, c’est le jour consacré à notre demande de visa. On espère que tout est parfait dans les documents qu’on a rempli et joint. Le personnel de l’ambassade vérifie peu de choses et nous demande de revenir le jeudi 21 pour les récupérer. Tout s’est passé sans encombre. Devant l’ambassade, on rencontre un couple de belges ostéopathes avec qui on discute un bon moment en attendant notre tour. Ce qui est original c’est qu’on ne rentre pas dans des locaux. Non, tout se fait à des guichets sur le trottoir…

Mardi 19 juin, c’est le jour que nous avons choisi pour aller visiter la cité interdite. La chaleur est écrasante, le soleil de plomb et Hélène va vraiment souffrir pendant cette visite. Il faut dire que ce site est immense et couvre une superficie de 72 hectares et qu’en plus, il y a foule. La cité interdite est en fait le nom du palais impérial qui a été construit sous la dynastie des Ming entre 1406 et 1420. Pas moins de 24 empereurs appartenant à deux dynasties successives y ont séjourné jusqu’en 1912. Cet endroit tire son nom du fait que le lieu était interdit à toute personne étrangère à la famille impériale ou n’étant pas à son service. Ce monument est la plus grande construction en bois ayant survécu à l´histoire de chine . Il est entourée d’une muraille de 8m de haut, elle même cernée par une douve de 50m de large. Quatre portes permettent d’accéder à la cité : au sud, la porte du Midi (c’est celle par laquelle nous entrerons), au nord la porte de la prouesse divine militaire et sur les côtés les portes de la gloire (orientale et occidentale). Le palais suit une symétrie axiale nord-sud et tous les pavillons principaux ont été construits sur cet axe. On peut le diviser grossièrement en deux parties :
-la cour extérieure (partie sud) qui abrite notamment le « pavillon de l’Harmonie suprême », le « pavillon de l’Harmonie parfaite » et le « pavillon de l’Harmonie préservée » et constituait la partie officielle de la cité où le souverain recevait ses ministres et présidait les grandes cérémonies officielles.
-la cour intérieure (partie nord) qui comprend le « pavillon de la Pureté céleste » , le « pavillon de l’Union » et le « pavillon de la Tranquillité terrestre », qui sont entourés respectivement par les « six pavillons de l’Est » et les « six pavillons de l’Ouest » mais aussi le jardin impérial. Celle ci formait la partie privée, et servait donc aussi bien de cabinet de travail pour l’empereur, que d’appartements à la famille impériale et aux concubines.

Après avoir franchit la porte du midi, nous parcourons une vaste cour traversée par une rivière artificielle nommée la rivière aux eaux d’or. La porte de l’harmonie suprême sépare la première cour de la cour du palais de l’harmonie suprême, le principal palais de la cité interdite. Elle est gardée par deux lions de bronze, symboles de la puissance impériale.

Nous montons l’un des trois escaliers qui débouche sur les terrasses en marbre où les balustrades sont décorées de grues et de tortues de bronze (symboles de la domination et de la longévité éternelle). On y trouve également un cadran solaire et une mesure à grains (symboles de la justice impériale).

Nous arrivons ensuite au pavillon de l’harmonie suprême, c’est le plus important de la cité. L’importance du bâtiment se note aux nombre d’animaux sur le toit. Pour ce pavillon, il y a 10 d’animaux, ce qui est le maximum.

Dans le palais suivant, on devra se frayer un chemin dans la foule pour pouvoir admirer le trône impérial. Chaque pavillon important possède son trône.

Dans les immenses cours, des ponts et des passages en marbre relient les différentes partie de l’ensemble.

Nous terminons par le jardin impérial, face à la porte de la prouesse divine qui garde l’entrée Nord.

Nous retournons vers la porte sud en empruntant un chemin différent afin de voir les six pavillons de l’est . L’un deux a été habité par des personnes au destin tragique. Parmi elles, cette très belle femme, une des concubines de l’empereur, qui perdit son fils âgé de trois mois et qui en mourut de chagrin deux ans plus tard. Elle avait 22 ans…L’empereur, très affaibli par ces tristes émotions tomba malade et trépassa peu de temps après…Plusieurs pavillons contiennent à l’heure actuelle des salles d’exposition sur des œuvres d’art comme de belles statues de bronze. Pour ressortir, on va galérer et marcher encore et encore, se tromper, refaire un tour par là, puis par ici…bref, c’était pas simple ! Si j’ai bien aimé cette visite, l’impression d’Hélène est plus mitigée mais je suis certain qu’avec (beaucoup) moins de monde, de chaleur et de fatigue, elle aurait aimé. Pour rejoindre notre hôtel, nous devions traverser la place Tiananmen, mais celle-ci est fermée, nous ferons donc un grand détour en métro pour rentrer. Nous apprendrons le lendemain, que celle ci était fermée à cause de la visite officielle du dirigeant nord coréen, Kim Jong-un.

Mercredi 20 juin 2018, on va grimper sur la grande muraille de Chine ! On est super content ! On a longuement hésité avant de choisir la portion sur laquelle aller. D’abord parce qu’on veut éviter la foule (sinon, Netji va vraiment craquer…), et puis on a envie de découvrir une facette plus sauvage de la plus grande construction humaine au monde, environ 6700 km de long. On choisit finalement la portion qui relie Jiankou à Mutianyu. Elle a été construite en 1368, sous la dynastie des Ming. Elle est à l’abandon depuis plusieurs siècles ce qui en fait une zone plus abandonnée, moins fréquentée et plus dangereuse. Tout ce qu’on aime ! Et, au fait, petit détail, non, la muraille ne se voit pas de la lune ! C’est une légende ! Après avoir lu pas mal de blogs et de sites pour comprendre comment s’y rendre, on se lance. Debout à 5h20, on part pour la station de métro Dongzhimen. Là, on doit trouver la station de bus et notamment le bus n°936 mais on se perd, fait des détours, demande à des gens qui nous envoient loin…pour finalement revenir à la station de métro. Seulement, voilà, il n’y a pas de bus avec ce numéro…renseignements pris, on prend le 916 qui doit nous emmener à Huairou, petite ville située encore à une quarantaine de kilomètres de notre destination. On n’est pas encore à la gare routière de cette ville qu’un homme nous dit qu’il faut qu’on descende ! Je lui montre sur Map’s Me la station de bus mais il nous dit qu’il faut qu’on descende ici. Bon…Et il vient avec nous. En fait, c’est un chauffeur de taxi et il veut nous emmener à jiankou. Je suis dégoûté ! Avoir le sensation de me faire entuber et fournir la vaseline ne me plaît pas du tout ! On accepte quand même après avoir négocié parce que l´heure tourne et que la chaleur augmente. Il nous dépose au bout de la route en nous disant qu’il nous faudra sept heures pour rallier Mutianyu. Le chemin qui monte dans la montagne et que nous a indiqué notre chauffeur, grimpe en direction de Jiankou mais nous voulons directement aller à la première tour. Nous arrivons à une sorte d’habitation/bar et un homme nous interpelle et nous propose ses services de guide que nous déclinons. Quand nous redescendons jusqu’à lui et lui montrons où nous voulons aller, il fait signe que « non » en rigolant. Mais notre GPS nous indique qu’il y a des chemins pour aller à la tour Zhengbeilou. Nous partons alors qu’il continue à rire…Et on va trouver le fameux chemin. En plus, une fois qu’on est dessus, c’est facile, il suffit de suivre les détritus ! Il y en a tout le long et pourtant, on ne verra pas un chat ! C’était apparemment un sentier très fréquenté avant que la portion de Mutianyu ne soit aménagée pour le public avec même deux ligne d’oeufs . On commence donc à monter. C’est très raide, parfois très escarpé à la limite de l’escalade et il faut souvent mettre les mains. C’est peut-être ce qui faisait rire le chinois !! Hélène va vraiment beaucoup souffrir pendant ces trois heures. De la chaleur, de la pente, de la fatigue, de l’âge (XD)…Je vais l’attendre souvent. L’avantage de cette montée, c’est qu’on est pratiquement tout le temps à l’ombre ce qui ne sera pas le cas quand on sera sur la muraille. Après avoir vu quelques beaux lys, on atteint enfin la muraille et il faut faire bien attention car les briques empilées pour y accéder sont plus que branlantes.

Ça y est !! on y est !! Et c’est vrai qu’elle est bien envahie par la végétation. Des tours se succèdent tous les cent mètres, parfois en très piteux état. Le mur lui même est écroulé à plusieurs endroits et il faut faire attention à ne pas faire une chute qui serait fatale vu la hauteur. On progresse tranquillement et émerveillé par la taille de cette construction qui suit la crête des montagne avec parfois des pentes qui sont juste incroyables !! C’est très beau et en même temps, on ne peux s’empêcher de penser à tous les ouvriers qui sont morts en la construisant. Ils seraient dix millions, oui oui, vous avez bien lu, enrôlés de force qui seraient enterrés au pied ou à proximité de cette prouesse architecturale. C’est émouvant de se retrouver sur un morceau d’histoire. En plus, cette fois-ci, il n’y a pas foule ! Et c’est tant mieux.

Ce qu’on veut, c’est marcher sur la muraille jusqu’à la portion de Mutianyu et redescendre là-bas. Tout le long, on peut voir les systèmes d’évacuation d’eau sur les côtés. On va monter, puis descendre (aïe les genoux) sans arrêt jusqu’à un homme qui vend des boissons fraîches. On est tellement assoiffé, qu’on ne résiste pas à l’envie de se boire deux bières. Bon la mienne est un peu chaude mais c’est mythique quand même de se boire une bière chinoise sur le plus grand édifice jamais construit par l’homme !! Antique qui plus est !! Il faut savoir que la muraille a été édifiée avec les matériaux locaux. Ici, ce sont des dolomites et des briques. C’est ce qui la rend si clair (presque blanche), si belle, si photogénique dans cette forêt verte et qui fait que c’est pratiquement toujours cette partie qu’on voit sur les photos !

On arrive à la portion de Mutianyu, beaucoup plus belle, qui a été rénovée. Elle est également plus touristique car très accessible avec ses deux lignes d’œufs qui évite la petite grimpette. On va donc rencontrer plus de monde mais la densité reste très correcte.

On parvient finalement aux escaliers et on se rend sur le parking très touristique du site. Arrivés là, aucun bus pour nous ramener à Pékin n’est en vue. On reprend donc un taxi (pfff) qu’Hélène négocie âprement et arrivés à Huairou nous pouvons enfin rentrer avec le bus 916. Et là, à 17h, on se peut enfin se faire un bon repas et surtout boiiiiiire !!

Jeudi 21 juin 2018, c’est le jour de notre départ pour la Mongolie. Nous avons choisi l’option bus qui part à 17h30 et qui arrive à la frontière le lendemain matin. Mais nous devons d’abord récupérer nos visas à l’ambassade entre 16h et 17h…Nous y sommes donc à 15h30 et retrouvons nos copains belges. On obtient les précieux sésames en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et repartons très vite. Nous avons pas mal de métro et de marche à faire. Le bus est un peu comme celui du Vietnam avec des couchettes mais pour celui-ci, il y a deux allées et donc trois rangées de couchettes d’environ 50 cm de large. Il part à l’heure mais stationne quelques km plus loin, sur une place, pendant presque deux heures, en plein soleil, alors qu’il fait 35° à l’ombre !! Moi qui me demandait comment il faisait pour mettre plus de 14h à faire 600 et quelques km, je commence à comprendre !! Nous quittons enfin la capitale surchauffée. La route est bonne. C’est un peu comme une autoroute. Si j’arrive assez facilement à m’endormir, ce n’est pas le cas de Netji, comme d’habitude. Un nouvel arrêt permet à ceux qui veulent d’aller aux toilettes (horribles) et de manger (on va prendre un paquet de biscuits, n’ayant absolument pas confiance dans les plats déjà cuisinés qui nous sont proposés). Dans la nuit, vers 3h, le bus s’arrête de nouveau et là, c’est un concert impressionnant de ronflements qui vont empêcher Hélène de dormir.