MONASTÈRE DE LABRANG – XINING

par | Juin 7, 2018 | Chine | 2 commentaires

Lundi 28 mai 2018, nous avons décidé de retourner à la gare routière avant 7h pour voir si on peut prendre un bus pour Hezuo, à 1 heure de route de Labrang. Et miracle, il y en a bien un. Je suis trop fort ! De nouveau, de superbe paysages s’offrent à nous à travers des plateaux de prairies verdoyantes et de sommets enneigés. Des troupeaux de yaks (points noirs) et de moutons à cornes (points blancs) paissent paisiblement et librement. Nous apercevons par moment des cavaliers à cheval qui galopent dans la prairie. Les drapeaux à prières, qui partent souvent du haut d’un mât au milieu des tentes et des yourtes, donnent comme un air de fête permanent tellement ils ressemblent à des fanions multicolores. Au bord de la route, une immense briqueterie apporte une touche de rouge dans le paysage. La bouse de yak est regroupée en tas bruns. Nous traversons des villes où même les immeubles ont des toits relevés. Dans le bus, des passagers portent un sorte de kimono fourré dont ils ont souvent sorti un bras, laissant la manche pendante. De Hezuo, nous prenons un bus pour Labrang en ralliant le terminal nord. Le timing est parfait et le bus démarre immédiatement. L’enchaînement est parfait ! Malheureusement, à l’arrivée, personne ne doit descendre du véhicule. Nous croyons comprendre qu’une dame s’est fait voler. Au bout d’un bon moment, Hélène décide de sortir quand même et de demander à l’un des policiers ce qu’on attend exactement. Grâce aux applications de leurs téléphones, ils vont pouvoir communiquer : La dame s’est effectivement fait voler l’équivalent de plus de 2000 euros. Donc il y a des voleurs…D’après ce qu’Hélène comprend (les traductions restent aléatoires!), la police regarde les vidéos surveillance et cela pourrait prendre une heure environ. Ah oui, parce qu’en Chine, il y a des caméras de partout ! Même dans les temples ! Le jeune policier s’excuse pour le désagrément mais Hélène le rassure, lui disant qu’il n’y est pour rien et il est ravi de sa compréhension ! Nous sommes finalement libérés rapidement et pouvons rechercher l’hôtel pas cher et proche de la gare routière qu’on a repéré. Mais, arrivés là où il devrait être, aucune indication ne mentionne un hébergement quelconque et à part deux jeunes filles qui ont des sacs à dos, il n’y a rien. Elles s’adressent à nous en anglais et nous apprenons qu’elles ont réservé (et payé) la fameuse guest house que nous cherchons. Comme elles ont l’adresse, nous sommes sûrs que le portail fermé à clé devant lequel nous sommes est bien celui de notre auberge. Elles habitent Hong Kong (ce qui explique qu’elles parlent anglais) et arrêtent un passant pour lui demander s’il veut bien appeler le numéro de l’hôtel. Quelques minutes plus tard, quelqu’un arrive enfin pour nous ouvrir. Par contre, à l’annonce du prix, nous repartons rechercher un hébergement plus abordable. Après quelques recherches infructueuses (cette ville est ultra chère), nous revenons à notre point de départ et prenons une chambre. C’est très propre, les toilettes ont des sièges et on est trop content !

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Mardi 29 mai 2018, c’est un jour de fête pour la communauté tibétaine : Saga Dawa, qui célébre la naissance de Bouddha Sakyamuni, le fondateur historique du bouddhisme, mais aussi son Éveil et sa mort. Nous partons en direction du plus grand monastère tibétain, hors Tibet autonome. Il est l’un des six grands monastères de l’école Gelugpa et il a été fondé en 1709. De plus il couvre une superficie de 866 000 m² et possède plus de 90 bâtiments principaux. Des milliers de pèlerins empruntent le kora (le chemin de pèlerinage d’environ 3 km qui fait le tour de l’enceinte). Sur les trottoirs des vendeurs proposent des branches de cyprès.

Ils font tourner les moulins à prières multicolores tout en marmonnant.

Beaucoup de nomades sont venus. Ils sont reconnaissables à leur tenue : une grosse veste longue fourrée dont ils n’ont enfilé qu’une manche, des bottes, et une ceinture, souvent en tissu rouge pour les hommes et métallique pour les femmes. Leur allure est altière et ils sont venus ici principalement en moto dont la selle est couverte d’une peau de bête.

Il y a également beaucoup de moines reconnaissables à leurs robes rouges qui déambulent avec les pèlerins. Presque toutes les personnes portent des branches de cyprès qu’ils vont faire brûler dans les cours des temples. Certains fidèles se couchent par terre en faisant des gestes en cercle. Ils tiennent parfois des sortes de plaques de bois au niveau des mains qu’ils font claquer sur le sol en s’allongeant. Nous ne pouvons pas vous offrir une super illustration parce que on se sent un peu voyeurs de prendre des photos de la ferveur d’autrui. Du coup, on essaie d’être le plus discret et invisible possible dans des lieux et à des moments où nous sommes déjà comblés d’être tolérés. Alors on prend des photos de loin pour ne pas déranger. Pas comme deux femmes asiatiques qui se placent à quelques centimètres d’un tout jeune enfant assis à côté de sa mère qui pratique les prières allongées. Il a l’air apeuré mais elles sont ravies du résultat de leurs photos. Un allemand (nous verrons cinq occidentaux au total) est hors de lui et s’adresse à nous avec véhémence, disant que ces touristes n’ont aucun respect et il faut bien avouer qu’on est plutôt d’accord avec lui…

Beaucoup de mendiants et de personnes mutilées sont assis le long du parcours et la plupart des gens, dont certains qui semblent bien pauvres, leur donnent de l’argent. Nous arrivons à l’entrée du stupa doré où un monsieur nous demande de payer. Pas les autres qui rentrent librement. Juste nous…C’est quelque chose qui me met hors de moi ! À quand la tour Eiffel gratuite pour les parisiens !? Comme nous n’avons pas le choix si nous voulons entrer, on y va. La porte est superbe avec ses sculptures de bois et ses couleurs. Partout dans les temples du monastère, les photos sont interdites et en prendre expose à l’équivalent de 500 euros environ. Et comme il y a des caméras partout, on y va mollo…Par contre, on peut monter jusqu’à la dernière terrasse et on peut prendre des photos d’en haut. On a alors une jolie vue sur toute la superficie de cette véritable ville monastique qui a accueilli jusqu’à 4000 moines mais n’en héberge plus que 800 (autorisés par le gouvernement).

À la sortie, une distribution gratuite de yaourts semble assurer la promotion d’une marque. Plus loin, ce sera des briques de lait. Merci, voici notre repas de midi assuré avec quelques biscuits qu’il nous reste. En plus, alors que nous marchons dans une rue, des asiatiques qui mangeaient des petits biscuits salés, insistent pour nous en donner une poignée. Ils sont trop adorables ! Pour entrer dans le monastère, il y a plusieurs portes d’accès, toutes sont ornées de belles sculptures de bois.

À l’entrée des différents temples, nous verrons les bottes des moines qui sont posées là. Elles sont en tissu noir genre velours et portent un joli liseret de couleur.

Nous entrons ensuite dans l’enceinte proprement dite du monastère. Des ruelles jaunes ou rouges, de la couleur des murs sans fenêtre qui la bordent, quadrillent le village monastique.

Dans les différentes temples dans lesquels nous pénétrons, nous assistons presque systématiquement au même rituel : les fidèles alimentent les grandes bougies en y déposant du beurre de yak qu’ils ont apporté. Ils donnent aussi des billets aux moines, qu’ils soient là où pas. Ainsi, les places sur les banquettes sont souvent couvertes de billets.

À l’extérieur, après avoir tourné autour du temple dans le sens des aiguilles d’une montre, les fidèles font brûler des branches de cyprès et de la farine d’orge (tsampa) avec des graines . À la sortie d’un des temples, un petit moine bossu nous demande une photo avec lui. Il est trop fier et nous aussi ! De grands lilas fleurissent les jardins des édifices religieux dont les portes sont toujours magnifiquement sculptées. Dans un des temples, Hélène se fait prendre à partie par un moine qui semble furieux et lui fait signe de partir. Ce qu’elle ne veut pas faire, d’autant qu’elle serait du coup dans le mauvais sens. Il la saisi alors assez brutalement par le bras et elle proteste. Un fidèle l’attrape et la met dans le rang qui progresse lentement le long du mur. Le fait d’avoir autant de monde au moment des offices semble gêner un peu certains moines qui sont (je pense) probablement un peu misogynes et vont, de plus, plutôt s’en prendre à une occidentale qu’à une asiatique (Hélène suivait une dame) à qui il n’a rien dit…Il ne fallait pas avancer deux de front mais comment le savoir. Je n’était pas là à ce moment là mais j’ai eu affaire au même excité un peu plus tard, pour le même problème mais, par contre, il ne m’a pas touché !

Après avoir vu le temple principal, nous apercevons des personnes sur la crête de la colline qui domine le monastère. Ni une ni deux, on décide de monter là. Mais trouver le point de départ de la montée n’est pas chose facile ! Finalement, on le trouve et la pente est raide. De nombreux fidèles grimpent également. Prés d’un édifice, ils jettent des liasses de petits carrés de papier sur lesquels sont imprimés une image dont nous ne percevons pas la signification religieuse mais qui doit bien en avoir une au vu des milliers de papiers qui donnent l’impression qu’il a neigé sur les sommets. Le sentier est malheureusement jonché de détritus (en plus des papiers…).

Heureusement, il y a aussi des très belles fleurs. Nous arrivons à une grande prairie ou pas mal de gens et de moines pique-niquent ou sont simplement assis, contemplant la vue sur ce grand village monastique.

Nous les imitons et profitons de la quiétude du lieu pendant un bon moment avant de nous décider à redescendre.

Nous empruntons un sentier plutôt abrupte mais comme nous avons vu des moines l’utiliser, il n’y a pas de raison ! Personne ne passe par ce chemin glissant et un peu vertigineux mis à part quelques chèvres (et des moines…).

En bas, une foule bigarrée s’est amassée autour d’une tente. Alors que nous entendions des chants pendant notre descente, c’est à présent un discours qui est diffusé via des haut-parleurs. Un homme (qui semble important et respecté), prononce un long monologue qui semble captiver son auditoire.

Un peu à l´écart des pèlerins brûlent de la farine.

Je suis plutôt content de cette visite. Hélène un peu moins, assez échaudée par le contact désagréable qu’elle a eu avec le moine, même si elle ne fait pas de généralité parce qu’ils sont plutôt sympas en temps normal.

Mercredi 30 mai 2018, nous prenons un bus pour Xining (a y est!!!!) à 7heure. La route, qui commence sur un beau plateau, passe ensuite dans des gorges. Le paysage est franchement aride et sec. À l’arrivée, nous allons directement à la gare pour récupérer nos billet de train au plus tôt et éviter une mauvaise surprise de dernière minute ! Malheureusement, ils veulent absolument une photocopie de nos permis d’entrée au Tibet pour nous délivrer les billets…Nos versions informatisées ne leur suffisent pas. Et on fait comment pour imprimer dans une grande ville de l’autre bout du monde.. ? On essaie de se débrouiller ! En cherchant, on arrive dans une sorte de galerie marchande et on monte à tous les étages en espérant trouver un magasin d’informatique ou de téléphonie. On a réussi à imprimer des documents dans un village paumé des Philippines, on va bien y arriver dans une grande ville chinoise ! Mais, pas de magasin spécifique en vue. Hélène s’adresse alors à une jeune dame qui discute devant une porte de bureau. Il s’agit d’un cabinet d’architectes et très gentiment, la dame va nous imprimer nos documents. Nous sommes vraiment reconnaissants devant tant de gentillesse ! On retourne à la gare pour donner notre permis .A y est !! on a nos billets !!

Une fois installés à notre hôtel, nous filons visiter un peu cette agglomération et surtout une mosquée dont nous avons entendu parler et qui est la plus grande de la province. Nous en atteignons une première mais sa taille ne semble pas correspondre et nous continuons plus loin. Et effectivement, la mosquée Dongguan est imposante avec ses quatre minarets (les 2 plus récents sur le bâtiment principal mesurent 58m de haut) et sa belle couleur verte. Construite en 1380, on retrouve dans cette mosquée un mélange d’architecture chinoise et islamique qui se marie à merveille. La salle de prière, interdite aux touristes, se situe dans une pagode qui fait face à la mosquée. Une grande cour ombragée sépare les deux bâtiments. Différentes fleurs égaient des petits jardins sur les côtés : des roses, des pivoines, des fuschias et beaucoup d’arbustes. C’est un havre de paix dans cette grande ville.

Le quartier musulman entourant la mosquée est très animé. Des épices, des légumes et de nombreux gâteaux sont vendus dans de petites échoppes.