LIJIANG-TREK DES GORGES DU SAUT DU TIGRE

par | Mai 28, 2018 | Chine | 2 commentaires

Mardi 15 mai 2018, un mini van nous conduit à Jianchuan d’où nous prenons un bus pour Lijiang. Ce que nous avons lu sur les blogs nous a fait un peu hésité…Cette ville est décrite comme extrêmement prisée par les chinois et donc envahie de touristes. Après un trajet sans problème sur de belles routes et autoroutes, nous arrivons et pouvons admirer de beaux sommets enneigés. Ce sont ceux des « montagnes du dragon de jade ».

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LIJIANG

GORGES SAUT DU TIGRE

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Notre auberge, la Runtong International Youth Hostel, est idéalement située dans la vieille ville et le jeune de l’accueil parle anglais. Yes !

Comme nous lui parlons du « lac du dragon noir » que nous voudrions voir, il nous le déconseille, nous expliquant que c’est payant et cher. Oui, mais on voulait voir le reflet des montagnes dans les eaux du lac ! Alors allez au réservoir Quingxi, c’est gratuit et très beau. Ok ! Il nous indique même le bus pour s’y rendre et nous voilà partis. Une fois là-bas, c’est un peu décevant…Effectivement, c’est un réservoir, donc artificiel et sans charme particulier. Mais il semble être apprécié des locaux car nous assistons à des prises de photos de jeunes mariés.

Nous repartons à pied et atteignons la fameux lac que nous voulions voir, après être passés dans un joli parc. Mais l’entrée n’est payante que pour les étrangers et comme je ne supporte pas ce principe, nous n’entrons pas. Par contre, en face, un musée gratuit sur les Naxis, une des minorités ethniques chinoises, nous fait découvrir leur culture et recèle de nombreux manuscrits en écriture dongba (écriture de la langue Naxi). Elle est la seule écriture complètement pictographique encore utilisée de nos jours. On apprend aussi que la vie religieuse est gérée par les Dongba qui étaient les seuls détenteurs des savoirs traditionnels et sacrés. Ils maîtrisaient les danses et les chants qui leur servaient pendant les cérémonies rituelles, et se guidaient grâce aux manuscrits couverts de pictogrammes.

Nous longeons ensuite l’un des nombreux canaux, enjambés par de jolis petits ponts en bois ou en pierres, qui traversent Lijiang (surnommée la Venise orientale). Nous débouchons sur une grande place où l’on peut voir deux immenses roues à aubes permettant dans le passé le fonctionnement de moulins à papier. C’est le seul endroit où l’on verra beaucoup de touristes asiatiques.

Nous montons sur une colline d’où nous espérons une jolie vue sur les toits gris de la vieille ville. Pour les contempler, il nous faudra aller sur une des nombreuses terrasses qui proposent le point de vue en consommant tranquillement une bonne bière.

Puis nous poursuivons notre exploration de cette vieille ville en déambulant dans des ruelles pavées et tortueuses.

De belles pagode aux toits relevés, l’architecture des maisons Naxi ainsi que des bassins nous enchantent. En fait, ces points d’eau sont toujours au nombre de trois et à différents niveaux. Ils ont une fonction dédiée : celui du haut sert à boire, l’intermédiaire à laver les légumes et celui du bas à faire la lessive. Nous rentrons le soir dans notre hébergement, ravis de notre visite et d’avoir pu admirer ce lieu avec un minimum de personnes !

Mercredi 16 mai 2018, nous partons pour Quiaotou (Hutiaoxia, en chinois) point de départ d’un trek réputé dans les gorges du saut du tigre. Ces gorges doivent leur nom à une légende selon laquelle un tigre aurait échappé à un chasseur en sautant à travers la gorge à son passage le plus étroit (25m tout de même!). D’environ 16 km de long, elles forment un canyon entre les deux chaines de montagnes du Yulong Xue Shan (5 596 m) et du Haba Xue Shan (5 396 m). Nous avons de la chance, le temps est beau. Nous avions rencontré un couple pendant notre rando dans l’Himalaya népalais qui l’avait fait et le mettait au même niveau de beauté que la vallée de Langtang. Sur les blogs et les guides, cette rando est souvent décrite comme difficile notamment avec la fameuse montée des 28 lacets du premier jour. On se prépare donc mentalement surtout pour le premier jour qui est le plus difficile avec 17 km et 800 m de dénivelé. À notre auberge, nous faisons la connaissance de Franca, une jeune suisse très sympa qui voyage seule et pense faire aussi le trek. Nous parlons aussi avec un couple de français accompagné de leur fils adulte mais ils nous disent ne pas être randonneurs et vouloir juste monter un peu le départ pour faire de la photo.

Jeudi 17 mai 2018, le réveil sonne à cinq heure. Nous voulons éviter la chaleur dans les fameux lacets tant redoutés. Le trek commence par une portion sur la route, pas très intéressante. En plus, ce qui nous semble être un pont pour une route ou une voie ferrée sont en cours de construction. À moins que ce soit un barrage…En tout cas, la vue sur le fond de la vallée est un peu gâchée et le bruit des pelleteuses nous accompagne tout le long de la montée. Nous prenons enfin un petit chemin qui grimpe dans la montagne boisée. La vue sur les sommets enneigés derrière lesquels le soleil pointe le bout de son nez est très belle.

Le chemin est relativement bien indiqué et après une belle montée, nous redescendons dans un petit village. Puis arrivent les fameux 28 lacets, tant redoutés. Nous avançons donc, tranquillement. La montée se fait en grande partie à l’ombre. Et franchement, à part un petit coup de pompe pour Hélène accompagné d’une fringale, on les a avalé sans souci. Nous sommes même un peu surpris d’être déjà en haut. On a vraiment bien fait de partir à l’aube et de s’épargner la chaleur dans cette pente. À partir de ce moment là, nous quittons enfin le bruit des travaux et la vue est splendide, y compris dans le fond de la vallée où nous apercevons la rivière qui rugit par endroits. Le dénivelé entre le haut des sommets qui culminent à plus de 5000m et le niveau de la rivière est vraiment impressionnant (2000 m par endroit).

Le sentier est bordé de bambous, de pins, de cactus (en fleurs) mais aussi de…noyers ! Les seules âmes que nous croiserons dans cette première journée sont des chèvres. Même les petites cabanes qui permettent de vendre à boire et manger sont encore désertes. Nous traversons un autre petit village, à la sortie duquel se trouve un petit incinérateur pour brûler les ordure ménagères (ce sera le cas dans tous les villages que nous traverserons au cours du trek).

Nous arrivons à destination vers 13h, fatigués mais sans plus. Pour cette première journée, ce n’était pas si terrible…Vu le prix des hébergements à cette altitude, nous optons pour un dortoir de 10 personnes en espérant y être seuls. Comme nous sommes les premiers et nous prenons les deux lits du bas les plus proches de l’immense baie vitrée qui offre une vue somptueuse sur les montagnes en face !

Quelques heures et une bonne douche (chaude) plus tard, nous voyons arriver Franca qui est partie plus tard que nous et a eu bien chaud dans la montée ! Elle nous raconte qu’une mamie de cabane a voulu lui vendre de l’herbe et a beaucoup insisté à grand coup de « good, good, relax » !! Au final, notre dortoir sera complet avec cinq occidentaux et cinq asiatiques.

Vendredi 18 mai 2018, nous partons tôt également et du coup sans petit déjeuner. Sur un blog, Hélène a lu que des marcheurs l’avaient pris en chemin. Bon ben on n’a pas trouvé où et on déjeunera une fois arrivé à la route. Nous suivons (puis dépassons) un jeune asiatique qui doit prendre le bus à 9h. Il n’y a que deux bus par jour pour retourner au village du départ, un à 9h et un autre à 15h30. Plusieurs fois, le jeune nous demande de le prendre en photo et c’est marrant parce qu’il organise une véritable mise en scène. Genre il tourne le dos et ne montre que son profil en mode « photo prise sur le vif » alors que pas du tout. Une route suit le fond de la vallée et permet aux touristes d’emprunter des bus pour aller sur des plates-formes aménagées qui surplombent la rivière en furie. Le sentier de randonnée est très peu utilisé par les chinois qui n’aiment (parait-il) pas marcher. À part une petite cascade et un temple, le chemin du deuxième jour ne présente que peu d’intérêt.

Nous atteignons la route et nous allons (enfin) nous restaurer. Ensuite, nous décidons de descendre jusqu’à la rivière. Il faut d’abord s’acquitter d’un droit d’entrée de 15 yuans. C’est environ 400 m de dénivelé très abruptes qui nous attendent avec parfois des échelles sur le passage. Je ne suis franchement pas rassuré. Hélène surnomme cette partie « la descente casse genoux ».

En chemin, au niveau d’une cabane, un écriteau en bois sur lequel est inscrit « cannabis » est sans équivoque.. Tout en bas, il faut repayer 10 yuans pour accéder à un rocher au milieu de la rivière en utilisant une passerelle suspendue.

La rivière est vraiment impressionnante. Et on comprend bien pourquoi en 1980 plusieurs personnes ont péri en tentant sa descente en rafting… Nous grimpons un autre rocher qui nous offre une vue encore plus près des rapides rugissants et tourbillonnants. Et nous sommes en période sèche !

Après avoir longé un moment la rivière et être passé sur une passerelle en verre, nous remontons par un autre côté. C’est raide et surtout, il fait très chaud ! J’arrive au sommet avant Hélène et une mamie me réclame des sous. J’ai toutes les peines du monde à lui faire comprendre que je ne suis pas seul et que je paierai tout d’un coup et le ton monte rapidement. L’arrivée d’Hélène mettra fin au malentendu. Nous nous acquittons encore de 15 yuans. En effet dans cette partie des gorges, le gouvernement n’entretient pas les sentiers d’accès aux gorges, c’est donc les habitants eux-même qui s’en occupent. C’est pourquoi il demandent un droit de passage ce qui est compréhensible. Comme il n’est que midi, nous choisissons de faire du stop. Enfin surtout moi, parce qu’Hélène n’y crois pas du tout et s’est installée à l’ombre d’un arbre. En fait, il n’y a que très peu de véhicules. Mais au bout d’environ 1/2h, une voiture s’arrête. Enfin ! Hélène montre au conducteur le village du bout de la vallée sur Map’s Me avec le nom chinois. Il fait un signe de tête signifiant qu’il est d’accord mais nous demande de l’argent. Bon, ben les locaux ont une vision bien à eux de l’auto stop ! Nous acceptons et arrivons à notre auberge pour récupérer nos sacs bien plus tôt que si nous avions attendu le bus. Du coup, nous prenons tout de suite celui pour Shangri-la. Cette ville a été rebaptisée en 2001 du nom de la contrée paradisiaque décrite dans le roman de James Hilton « Lost horizon ». Le gouvernement chinois a ainsi voulu booster le tourisme dans cette ville à 3200m d’altitude qui ressemble plus à une ville des hauts plateaux du Tibet qu’autre chose. Nous arrivons par une grande route à quatre voies rectiligne bordée d’énormes bâtiments. Nous. descendons avant la gare routière car elle nous éloigne de la vieille ville où nous avons réservé notre hôtel. Ce sont deux km qu’il nous faut effectuer, chargés de nos gros sacs. On n’avait pas encore notre compte !!