KALAW-PINDAYA

par | Mar 13, 2018 | Myanmar | 4 commentaires

Mercredi 28 février 2018, on se rend directement à notre hôtel ( le Golden Kalaw Inn) mais la chambre n’est pas encore libre. On va passer la journée à récupérer de notre nuit épuisante avec un bon petit déjeuner et un bon repos quand on a enfin la chambre. L’après midi on s’occupe de planifier et réserver notre virée du lendemain à Pindaya ainsi que le trek de 3 jours entre Kalaw et Pindaya. En effet nous avons fait l’impasse sur le trek le plus réputé du coin entre Kalaw et le lac Inle car beaucoup trop touristique à notre goût ; entre 150 et 200 randonneurs partent chaque jour.  À l’origine, on voulait dormir à Pindaya et faire la rando jusqu’à Kalaw. Mais avec la fête de la pagode, les hébergements sont tous complets. Qu’à cela ne tienne, on le fera dans l’autre sens avec une arrivée à Pindaya. Par contre, l’agence nous annonce qu’on ne sera pas seul mais avec un autre couple. Le soir, on monte sur la terrasse de notre hôtel pour assister au coucher du soleil et quelle n’est pas notre surprise d’y retrouver la famille française de la Réunion !

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Ils nous parlent d’une boulangerie (pardon? une quoi??) tenue par un américain tombé amoureux du coin et qui a formé des locaux à la cuisine occidentale. On décide illico d’y aller pour le repas du soir. Et on va manger de bons légumes de leur potager, du vrai pain (!!) et même de la glace maison ! Caramel au beurre salé pour Hélène et massala pour moi. Si celle au caramel est trop salée, la mienne par contre est un vrai délice !

Jeudi 1er mars 2018, on part avec une camionnette pour nous tout seuls pour Pindaya. Cette petite ville à une cinquantaine de kilomètres au nord de Kalaw accueille depuis la veille la Shwe Oo min Paya Pwe (autrement dit la fête de la pagode Shwe Oo Min) qui a lieu tout les ans pour la pleine lune de Tabaung (mois de mars)  Nous avons envie de partager ce moment avec les habitants et les membres des différentes ethnies de la régions qui s’y rendent. Après une grosse heure de trajet un peu chaotique, nous voilà arrivés dans une véritable fourmilière. Déjà, pendant le trajet, on voit des camions où des tas de gens avec des habits multicolores s’entassent. Et c’est dans les rues de terre de Pindaya qu’Hélène va laisser tomber son téléphone depuis la camionnette jusque par terre…Et c’est comme la tartine de confiture, il tombe du mauvais côté et l’écran se brise…Si le tactile reste accessible dans la partie haute, ce n’est pas le cas du bas et il ne peut plus servir aux publications ! La vie continue et on se rend aux Pindaya caves.

Notre conducteur, Mutcho, nous sert également de guide dans la grotte à laquelle on accède après avoir emprunté un long accès couvert. Et là, c’est à peine croyable ! Une foule immense se presse pour accéder à la grotte proprement dite. On est tous serrés les uns contre les autres et Mutcho nous dirige lentement vers des grilles gérées par des gardes et même des militaires…Après une progression difficile et oppressante, notre tour arrive enfin. Je ne sais pas pourquoi mais on ne paiera pas le droit d’entrée. La grotte, immense est appelée la grotte aux 8000 bouddhas (8094 au dernier recensement) et elle porte bien son nom. Elle en abrite même plus puisque tout le monde peut venir en déposer un. Par conséquent, elle est une sorte de gigantesque abri de bouddhas de toute taille formant un véritable labyrinthe. Heureusement que notre guide ne nous lâche pas d’une semelle et nous dirige vers des endroits dont on n’aurait pas soupçonné l’existence. A un moment il faut même se mettre à quatre pattes pour entrer dans une toute petite grotte qui abrite aussi des statues ! C’est incroyable ! Des pèlerins nous demandent de prendre des photos et on accepte avec plaisir. Mutcho nous explique qu’ils sont fascinés par notre présence par ce qu’ils n’ont pas l’habitude de voir des touristes blancs. En plus, aujourd’hui, on ne voit pas ou presque d’autres touristes ! On ressort un peu hébété de cette visite étrange et hors norme.

On redescend tout en bas de la colline et on arrive sur une zone immense de marchands en tout genre : vêtements, nourriture, thanaka, outils, etc…La rue est bondée et on croise de temps en temps des groupes de filles en habits traditionnels qui se laissent prendre en photo avec fierté. Mutcho nous guide jusqu’à une scène où de jeunes danseurs évoluent avec grâce au rythme d’une musique traditionnelle et dans les habits représentants leur ethnie. On passe un très bon moment même si on ne s’attendait pas à un tel bain de foule !

Vendredi 2 mars, 2018, c’est un trek de trois jours et deux nuit qui nous attend. Nous arrivons comme prévu à 8h30 à l’agence. Nous faisons la connaissance d’Inès et Cyprien un couple de français avec qui on s’est super bien entendu ! Le trek s’est probablement mieux passé avec eux que si on avait été seul. Voui, parce que le premier jour, on fait quand même 23 km…C’est Thu Ya, 21 ans, qui nous sert de guide et il parle bien l’anglais. Enfin, Inès et Cyprien traduiront régulièrement parce qu’ils viennent de passer un an en Australie et leur niveau d’anglais est largement supérieur au notre ! On est agréablement surpris par la campagne birmane qui est très belle. On voit des champs de choux en terrasse, de la terre rouge, un groupe de personnes en train de couper des arbres. Même notre guide ne peut pas parler avec eux car ils ont leur propre dialecte. Ce sont des Palaung et ils coupent, avec une précision incroyable, des troncs d’arbre assez conséquents, à la machette ! On se fait discret..Thu Ya nous guide jusqu’à un premier village Palaung,sur le flanc d’une colline, Pin Nel Bin. Il nous conduit jusqu’à une maison où une petite fille et son papa nous présentent les habits traditionnels. Inès et Cyprien les enfilent et prennent la pose ! On voit comment ils tissent les sarongs et font les pompons de leur coiffe. C’est probablement pour nous faire acheter qu’on est passé par là.

Mais nous repartons pour la place du village où notre jeune guide nous explique que près de chaque pagode, un Hintha ou Hamsa (oiseau sacré) surplombant un mât doré veuille sur celle-ci  Plus loin, ce sont des champs d’orangers qui vont parfumer notre chemin et des avocatiers avec certains fruits énormes. Des paysans des deux sexes travaillent dans les champs sous un soleil de plomb. Des champs de théiers jalonnent notre piste et certains ont les feuilles blanchies par un mélange d’eau et de calcaire qui les protègent des insectes.

Parfois d’immenses arbres bordent notre chemin  : ce sont des « banyan tree » des arbres sacrés qui ne peuvent pas être coupés et dont la taille laisse sans voix…Nous arrivons dans un tout petit village où nous allons prendre notre repas de midi.Nous ne sommes pas particulièrement fans de la cuisine birmane, mais là, il faut bien avouer que c’est délicieux ! Et très copieux. Des nouilles avec des légumes et de la viande (sauf pour Hélène bien sûr) accompagnés de thé et de fruits nous régalent. Quatre enfants du village sont tout excités par notre présence qui les amuse beaucoup&nbsp! Thu Ya nous présente le fils de la famille dans laquelle nous prenons notre repas. Étrangement, ce petit garçon d’environ 7 ans est roux avec des yeux et la peau clairs. Pour les gens d’ici, il serait la réincarnation d’un anglais mort dans le crash d’un avion peu de temps avant sa naissance.

Pour preuve, il savait compter en anglais avant même de parler le dialecte du village. Je suis un peu mal à l’aise car le gamin est montré comme une bête de foire et je le sens très crispé. On reprend notre chemin au milieu de collines cultivées, couvertes de rectangles de différentes couleurs selon la couleur de la terre. Des buffles d’eau paissent dans les champs. Des petits monticules de fumiers attendent sur la terre d’être épandus. Dans les petits villages que nous traversons, des fermes propres abritent des vaches à bosse, des cochons dans des sortes de parcs en bois sur pilotis, des poules, etc…plus loin, Thu Ya prend une gousse avec des graines dans un champs et nous explique qu’il s’agit de moutarde avec laquelle ils font de l’huile qui est réputée pour les soins capillaires. Du gingembre s’entasse devant les portes des fermes. Tout est paisible et les village que nous traversons nous réservent un accueil souriant et amical. Il faut vous dire qu’Inès à de longs cheveux blonds ce qui captive les natifs du Myanmar, encore plus dans les campagnes !

Nous arrivons enfin au village de Taung Ni où nous sommes accueillis dans la maison d’un couple. Ils cultivent le gingembre qui s’entasse dans la pièce du dessous à côté de tambours en bois fabriqués par le monsieur. Un groupe d’enfants se tient près de la maison en riant dès qu’on les regarde. Nous les amusons vraiment beaucoup !! Nous allons dormir à l’étage supérieur, par terre, sur une natte de bambou. On y rajoute une couverture pour faire un peu d’épaisseur. Comme on demande à notre guide où on peut se laver (on est couvert de poussière), il nous dit d’attendre un peu. Du coup´on ne lavera pas. Les toilettes sont dans la cour, à côté du cochon dalmatien (il est blanc et noir), dans une cabane en tôle. Ce sont des toilettes turcs, rudimentaires mais propres. Comme on en a un peu parlé pendant la rando (enfin, surtout Hélène), Thu Ya va nous chercher de la bière. Elle est fraîche et bonne ! Le repas du soir est très bon aussi et très (trop?) copieux avec du riz, de délicieux légumes sautés, de la viande et des fruits.

Samedi 3 mars 2018, on a tous passé une nuit moyenne : non seulement on a eu un peu froid, mais en plus, à partir de 4h30, quelqu’un dans le village a mis la musique à fond. Mais quand je dis à fond, c’est avec des haut-parleurs et tout !! Ce serait une personne un peu indélicate qui n’obéit pas aux injonctions du chef du village. Je me demande quand même si ce n’est pas une coutume locale…Après un petit déjeuner tout aussi bon que les autres repas et une démonstration de tambour, nous voilà repartis sur les chemin. Aujourd’hui, c’est 25km qui nous attendent ce qui inquiète un peu Hélène qui souffre pas mal de son pied droit. On repart dans cette belle campagne de petites collines. Une jeune fille ramasse le gingembre et Thu Ya nous explique qu’après avoir été récolté, il peut rester plusieurs mois sur place sans se détériorer (en effet si le prix de vente est intéressant il est vendu sinon ils attendent que les prix montent ).On croise aussi des charrettes tractées par des vaches à bosses. Elles ont la particularité d’être larges et souvent, le conducteur est debout.

Pour le repas de midi, nous arrivons dans un monastère bouddhiste. Il s’agit d’une grande battisse à étage avec de larges escaliers et des pins araucarias à l’entrée. Hélène est ravie ! De nouveau, nous sommes l’attraction des petits moinillons. Après avoir attendu qu’ils prennent leur repas de midi (c’est le dernier de leur journée!!), nous prenons le notre, toujours aussi bon et copieux ! Une famille de chats se prélasse sur des tapis. L’après-midi sera très long jusqu’au petit village de Letsaung, surtout pour Hélène qui souffre de plus en plus. Nos compagnons de route qui ne sont pas habitués aux treks s’en sortent super bien !

Nous allons dormir au-dessus d’une petite épicerie et nous sommes très bien accueillis. Les toilettes sont du même style que la veille en moins bien…Par contre, on a droit à un petit matelas par terre à l’étage et c’est pas mal ! Thu Ya a commandé des bières pour nous qui nous rafraîchissent de la chaude et longue journée. Comme on a demandé pour se laver, notre guide nous a montré l’eau d’un puits. On est au bord de la route mais je me lave quand même. Par contre, les filles feront une toilette de chat, patientant jusqu’à la douche du lendemain. En attendant l’heure du dîner, je vais regarder des jeunes du village qui jouent à une variante du chinlon.

Après le toujours très bon repas, on se fait même une partie de carte tous les quatre et on passe une très bonne soirée !

Dimanche 4 mars 2018 pour le troisième et dernier jour, ce ne sont que 8 km pour arriver à Pindaya. Heureusement parce qu’en plus des pieds d’Hélène, Cyprien a une ampoule de frottement qui se perce et saigne. Presque à l’arrivée, on emprunte une route en construction. Ce sont des femmes qui empierrent la piste avant d’y verser probablement du goudron. Thu Ya leur donner des fruits et autres victuailles (ce qu’on n’a pas mangé le matin?) qui semblent leur faire bien plaisir. Ce treck qu’on a beaucoup aimé nous aura permis de rencontrer quatre éthnies différentes : les Palaung, les Pa Oh, les Danu et les Taung Yoe. Nos discussions avec notre jeune guide étaient également très interressantes. Quand nous lui avons demandé son avis sur Aung San Suu Kyi, il salue les accès à l’école gratuitement, aux soins gratuits eux aussi et à l’électricité dans les villages reculés par le biais de panneaux solaires. À destination, Inès et Cyprien accompagnés du guide vont visiter les grottes que nous avons vu dans la foule du festival et nous nous donnons rendez-vous dans une fabrique familiale d’ombrelles en papier.

Le papier est fait à partir d’écorce de mûrier sauvage qui est écrasé au marteau pendant 20 minutes. Puis, il est mis à tremper dans des jarres d’eau. Ensuite, il est étalé sur un grand cadre en bois qui trempe dans de l’eau et qui va servir à délimiter la feuille de papier. Les filles de la famille dispersent alors des pétales de fleurs qui vont fournir la décoration du papier. Elles retirent ensuite délicatement le cadre de l’eau et le laisse sécher environ deux heures au soleil. A ce moment, elles détachent soigneusement du cadre la feuille de papier qui va servir à la fabrication d’ombrelles mais aussi de lanternes, enveloppes, éventails et autres articles.

Nous sommes conduis ensuite auprès d’un homme qui fabrique les armatures des ombrelles en bois et bambou. Sa dextérité est impressionnante&nbsp! (il exerce ce métier depuis une vingtaine d’années). Il a quelques machines mais travaille surtout avec des outils à mains, aidés par des bouts de ficelle et ses pieds..

Plus loin, une dame prépare des enveloppes. A côté, une jeune fille peint les ombrelles. Elle est très souriante et parle bien anglais. Elle explique à Hélène qu’ils travaillent tous les jours, neuf heures par jour, sans aucun jour de repos ni de vacance. Et ça vous plaît ? Beaucoup ! Alors, tout va bien. Une petite pièce présente à la vente toute sorte d’objets. Tout près, une table et des bancs accueillent les visiteurs qui le désirent avec du thé vert, quelques noisettes et autres friandises. Nous passons un agréable moment et goûtons à l’accueil birman en attendant nos compagnons de route. Nous partons tous manger et Thu Ya nous offre le repas ce qui n’était pas prévu et qui est vraiment adorable de sa part !

Un mini bus nous conduit ensuite jusqu’à Nyaung She, au bord du lac Inle. Il dépose d’abord Inès et Cyprien et nous nous promettons de nous revoir très vite ! C’est qu’un trek de trois jour, ça crée de sacrées relations !! Alors qu’on rêve carrément de la douche, quand on arrive dans l’hôtel qu’on a réservé, une pancarte nous informe qu’il n’y a pas de wifi…Ah, mais ça na va pas être possible !! Après trois jours coupés du monde, on a besoin de se connecter ! Pas de problème, un homme qui était là nous conduit à un hôtel bien et pas cher. Effectivement, on se retrouve au bord du canal, dans un petit bungalow et là, au moins, il y a du bon wifi !

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